L'art paléochrétien et byzantin

[Source de l'image]
Vladimir, Icône du XIIe s., Gallerie Tretyakov, Moscou
[Source de l'extrait musical]
Alleluia, Soeur Marie-Keyrouz
"Tauta ho bios ", " Voilà, telle est notre vie. "
épitaphe chrétienne, catacombes de RomeLes premiers symboles chrétiens apparaissent dans les vastes nécropoles (du gr. nekros, mort et polis, ville) que constituent les catacombes. Contrairement à un mythe tenace, les premiers chrétiens ne se rencontraient pas clandestinement dans les catacombes pour accomplir leur culte. Les catacombes sont en fait de vastes cimetières creusés sous la terre. Elles forment un réseau de galeries sur les parois desquelles sont aménagées des niches ou loculi où sont déposées les dépouilles des défunts. Les chrétiens, ayant foi en la résurrection, rejettent la crémation et préfèrent conserver les restes de leurs morts. Les tombes plus importantes, les mausolées, sont décorées de fresques qui constituent les premiers témoignages d'un art chrétien.
Les premiers symboles chrétiens
[Source de l'image] Le "chrisme" ou anagramme du Christ. Les lettres grecques Alpha et Omega, désignent Dieu comme le commencement et la fin. Le poisson (en grec, Ichthys = Iésus Christos Theou Yios Soter = Jésus fils de Dieu Sauveur)Les nombreuses catacombes qui ont subsisté jusqu'à nous jours, nous donnent à voir un peu de l'univers spirituel des premiers chrétiens. On dénote par milliers les "grafittis" ou inscriptions sur les murs et les pierres : des prières, des supplications des vivants envers les morts pour obtenir secours et protection. Des scènes peintes rappellent des épisodes de la Bible et de la vie de Jésus.
[Pour en savpir plus, lire l'article "La spiritualité des catacombes" ]
Quelques thèmes de l'art des catacombes
Le thème du "Bon pasteur"
[Provenance web de l'image]
détail d'une mosaïque,
Mausolée de Galla Placidia Symbole récurrent de l'art paléochrétien. La représentation du Christ comme un pasteur bienveillant auprès de ses brebis est un thème largement répandu dans l'art des catacombes.
- On retrouve ce thème peint et sculpté sur les sarcophages, les plaques funéraires ou gravé dans le marbre.
L'agneau représente la "victime sacrificielle", autre symbole du Christ, mort sur la croix pour l'amour de l'humanité.
Le thème de la Vierge à l'Enfant Très tôt, les chrétiens vouent un culte à la Theotokos, la Mère de Dieu, la Madre de Dio. Elle apparaît dans l'art des catacombes dès le IIIe siècle.Plusieurs traits propres à l'art byzantin sont présents dans cette oeuvre du VIe s. :
- Le hiératisme des personnages.
- L'auréole nimbe la tête pour souligner le caractère divin des personnages. Le regard est profond comme irradié par une foi intense.
- La Vierge semble "flotter" plus qu'elle ne repose sur son siège, ce qui accentue le caractère d'immatérialité propre au divin.
- Les deux crucifix qui encadrent l'Enfant rappellent le destin du Christ, mort et ressucité.
Il existe plusieurs variantes du thème de la Vierge dans l'art occidental : Vierge en Majesté trônant dans le ciel, entourée des Mages, recevant le message de l'ange, etc.
[Source de l'image]
Vierge à l'Enfant du VIe siècle, monastère
Ste-Catherine, Sinaï, ÉgypteOn peut aussi voir dans le thème de la Vierge à l'Enfant, une survivance, une continuité dans le christianisme, des cultes anciens vénérant les déesses-mères.
Le Christ "Pentocrator"
Christ en majesté ou pentocrator
[Source de l'image]Le thème du Christ Pentocrator, "tout puissant", est abondamment exploité dans les églises et autres édifices chrétiens voués au culte. La peinture byzantine généralise ce thème d'un Christ triomphant qui règne en Majesté dans le ciel.
[Voir l'intérieur de la cathédrale Monreal, Sicile, XIIe s.]
Le premier art chrétien émerge à patrir du moment où le culte peut s'afficher librement dans l'Empire. C'est l'empereur Constantin qui accorde aux chrétiens la liberté de culte avec l'édit de Milan (313).
- Cet édit est envoyé aux gouverneurs des provinces et il stipule instamment que dorénavant, les chrétiens pourront, comme tous les autres citoyens de l'empire, "... suivre la religion de leur choix (...), sans être inquiétés ni molestés (...)"
- Il annule toutes les directives ou lois antérieures qui persécutaient les chrétiens vus comme des "... stipulations malencontreuses et étrangères à notre mansuétude (...)
En 391, l'empereur ThéodoseIer va encore plus loin en proclamant le christianisme religion officielle de l'Empire. Il fait fermer les temples aux dieux, considérés désormais comme "païens" et proscrit les sacrifices qui leur seraient destinés. À cet égard, l'abolition des jeux olympiques en tant que réminiscence du paganisme, prend figure de symbole de l'ère nouvelle qui commence.
C'est ainsi que l'Empire Byzantin accomplit cette synthèse originale entre son héritage politique romain (système impérial) et la religion chrétienne qui s'est substituée aux cultes polythéistes comme religion d'État. Comme ceux de Rome jadis, les empereurs byzantins vont tourner vers leur personne la mission spirituelle de guider les fidèles vers leur salut. Cette fusion entre les deux univers du politique et du spirituel est nommé "césaropapisme", [de césar (pouvoir temporel) et pape (chef de l'Église)].
Trouvez la définition du césaropapisme dans ce Dictionnaire des religions
et répondez à la question no 8.
3. Le symbolisme chrétien au service de l'institution impérialeAvec la reconnaissance officielle de l'État, l'Église ne peut longtemps esquiver les compromissions avec le pouvoir politique. La restauration impériale du VIe siècle cherche à consolider l'unité de l'empire autour d'une idée commune dans laquelle tous peuvent s'identifier. La foi chrétienne permet de cimenter le corps civique derrière l'empereur, incarnation ici-bas de la puissance céleste.
La "divinisation" de l'empereur De plus en plus souvent, les empereurs apparaissent dans l'iconographie religieuse associés à l'image du Christ. L'art byzantin se fait témoin de la propagande impériale.
Le Globe crucifère![]()
[Source de l'image]
Revers d'un "sou" d'or frappé par Justinien
entre 519 et 527. L'image d'une croix surplombant une sphère, symbolisant le pouvoir universel d'origine divine détenu par l'empereur, apparaît pour la première fois en 423, sur le revers d'une monnaie émise par Théodose II. À partir du règne de Justinien (527/65), ce symbole est couramment utilisé.
- Ce symbole entend montrer que l'autorité de l'empereur est universelle. Il montre aussi que l'unité religieuse de l'empire est une mission qui lui incombe.
- Dans l'autre main, il tient une épée, symbole de son autorité politique par l'exercice légitime de la force.
Le globe crucifère sera utilisé par les empereurs carolingiens en Occident pour justifier la monarchie de droit divin dont ils se réclament.
[Passez votre curseur sur la pièce de monnaie pour voir de l'autre côté. Remarquez le symbole qui s'y trouve.]
La monarchie chrétienne de droit divin Les symboles impéraux :
- La tête de l'empereur est nimbée d'une auréole (cercle qui entoure la tête du Christ), symbole du carctère sacré de l'autorité qu'il incarne
- Son front ceint la couronne, symbole de son autorité sur les hommes.
- L'empereur arborre un fibule orné de pierres précieuses, en signe de richesse.
- Il tient dans ses mains un panier symbole chrétien du repas en commun ou eucharistie.
- L'image montre, à la droite de l'empereur, deux hauts fonctionnaires qui ont la charge d'administrer l'empire. Ils sont revêtus de la toge romaine, symbole de leur fonction administrative.
- Remarquer le symbole qui apparaît sur bouclier du soldat : le "chrisme", les deux lettres grecques pour Jésus.
- À gauche de l'empreur se trouvent les dignitaires de l'Église tenant en main la croix, le livre qui représente la parole de Dieu, et l'encensoir qui joue un rôle important dans la liturgie orthodoxe.
Mosaïque de la basilique Saint-Vital de Ravenne et qui dépeint l'empereur Justinien (527 à 565) dans toute sa majesté, réunissant autour de lui, le pouvoir militaire et l'autorité spirituelle.
[Source de l'image]
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Pour établir une comparaison entre l'empereur et le Christ dans l'art byzantin (exercice sur Le pouvoir impérial à travers les mosaïques de l'église Saint Vital de Ravenne).
4. L'architecture chrétienne byzantine
La tolérance s'accompagne d'exemptions fiscales et de facilités pour l'implantation d'églises et d'institutions qui prennent naissance dans le giron de cette nouvelle religion. Les architectes commenceront à construire de nouveaux édifices, non seulement des églises, mais aussi des mausolées, des baptistères, des chapelles et des monastères.
L'architecture byzantine a poursuivi la construction d'édifices à plan centré. L'empereur Justinien au VIe sièce a contribué à diffuser ce modèle architectural hérité du temple circulaire romain (ex. le Panthéon). À l'intérieur, l'espace est découpé en dômes, arcades, colonnades qui sont recouvertes de peintures dont les thèmes sont reliés au personnage du Christ.
Le Mausolée de Théodoric
Le Mausolée de Théodoric, roi wisigoth du Ve siècle à Ravenne.
[Source de l'image]
[Voir un détail de l'intérieur du mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Ve siècle.]
[Voir un baptistère d'époque byzantine]
[Voir la basilique San Lorenzo de Milan constuite au IVe siècle].La basilique Saint-Vital
[Source de l'image]
La Basilique Saint-Vital à Ravenne (522-547) est un édifice octogonal à plan centré.
Construite par l'empereur Justinien, elle servira de modèle pour la chapelle palatine de Charlemagne.
Les tribus germaniques qui s'installent tant bien que mal sur les terres de ce qui fut l'Empire romain d'Occident, vont trouver dans l'héritage byzantin les signes ostentibles du pouvoir qu'ils vont tenter d'imiter et d'adopter en Occident.
Malgré les tentatives de Justinien de reconquérir les territoires tombés aux mains des peuples germaniques (en jaune sur la carte), l'unité de Empire romain de l'Antiquité est définitivement rompue. Une ligne de partage sépare désormais la portion orientale et l'espace occidental de l'Empire. L'Orient grec et l'Occident latin connaîtront une histoire et une destinée qui leur sont propres : d'une part l'Empire byzantin assurera la continuité avec l'Empire romain antique, expérience qui se poursuivra jusqu'en 1453 au moment de la conquête musulmane ; d'autre part, l'Occident des royaumes germaniques qui subira l'influence de la culture latine. De même pour la chrétienté qui sera divisée entre églises orthodoxes soumises à l'autorité de Constantinople et l'église catholique dominée par l'évêque de Rome (cette division sera scellée lors du schisme de 1054).
- The Labyrinth : Resources for Medieval Studies (Georgetown University)
- Early Christian and Byzantine Art, d'un cours du professeur Rozmeri Basic (University of Oklahoma).
- Coinage of the Byzantine Empire (Dumbarton Oaks Collection)
- Banque d'icônes byzantines du VIe au VIIIe s. du monastère de Ste-Catherine dans le Sinaï (Égypte)..
- Images of Christ in the Byzantine tradition (Dr. Joseph Byrne, Belmont university)
- The Christian Catacombs on Ancient Rome (Dr. Joseph Byrne, Belmont university)
- Les catacombes chrétiennes de Rome, (Instituto Salesiano San Callisto, Roma).
- La mise en place du christianisme dans l'Empire romain (extrait d'Olympos)
- Ravenne : carte, principaux édifices, bref historique (J.F. Bradu)
- Jewish, Early Christian & Byzntine Art. Banque d'images. Cours du Dr. Rozmeri Basic (University of Oklahoma)
- Ancient Mosaics présente de superbes reproductions des plus belles mosaïques anciennes.
- Images of Christ in the Byzantine Tradition,
- Early Christian Art, Byzantine Art, sections du Tigertail Virtual Museum.
- Early Christian Architecture, cours de l'université de Pittsburg.
- Pictures for Religious Studies, Images from Christianity
- L'art byzantin offre un survol intéressant bien illustré.
- Early Christian and Byzantine Image Pages
- Byzantine images, galerie de l'Internet Source Book
- Quelques très beaux exemples d'Architecture en Italie (Susanne Z. Riehemann )