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Je remercie MM. Blouin et Fagnan d'avoir bien voulu diffuser, à titre d'exemple, leur travail de recherche fait dans le cadre du cours d'histoire des États-Unis. Je n'ai «revu» que l'écriture du texte, sans rien y changer ni des faits, analyses et conclusions des étudiants, qui leur appartiennent. Comme je n'aurais pas voulu altérer ni leur style, ni leur humour. Le choix des illustrations est de moi. Je suis sûr que tous les lecteurs de ce travail passeront un bon moment... (R. Patry) |
Table des matières
Introduction
Le jazz : révolution afro-américaine
Les origines.
Le jazz Nouvelle-Orléans
Le jazz classique.
Le swing
Le Be-bop
Bref..
Le Rock'n'roll : révolution musicale,
révolution adolescente
La naissance
Les cinq styles
Le rock'n'roll dans la société : une influence réciproque
Bref
Les sixties
L'agent Bob Dylan
Invasion britannique : la réaction américaine
La contre-culture : apports américains
Bref
Conclusion
Résumé Synthèse...
Bibliographie
Références détaillées
Les États-Unis, berceau mondial de la culture de masse, ont produit leur lot de Backstreet Boys au cours des dernières années. Les pop stars ont toujours été une partie intégrante du système de valeur américain et symbolisent le fameux «american dream» si cher à nos voisins du Sud. Suite à la véritable invasion mondiale de la culture de masse, qui tente sans relâche de s'imposer comme le standard artistique, les États-Unis se sont vu apposer l'étiquette de pays sans culture où les artistes ne sont qu'une image et par le fait même sont sans âme et sans message. Bien que tout ceci ne soit pas complètement erroné, il ne faut toutefois pas tomber dans le vicieux piège qu'est la généralisation et laisser sombrer dans l'oubli tous ces artistes qui par leur génie et leur total dévouement à leur art ont complètement bouleversé le monde musical et qui continuent encore de l'influencer aujourd'hui. C'est pourquoi nous tenterons de démonter l'importance des États-Unis dans le développement musical occidental et leurs nombreuses influences par l'entremise de styles développés à l'intérieur même de leurs frontières. De plus, nous mettrons en parallèle les grands événements sociaux ou politiques qui ont entraîné ces tournants et ces évolutions musicales. En premier lieu, nous passerons le jazz et ses principaux courants de la première moitié du siècle dernier au peigne fin. Ensuite, nous étudierons le rock n'roll, sa naissance, les grands noms de cette musique entraînante et ses principaux styles. Finalement, nous aborderons la période des sixties en nous intéressant aux grands artisans de cette révolution fleurie. Bref, nous survolerons les plus grands courants de musique populaire américaine dans le but de prouver hors de tout doute que l'apport des Américains à la musique s'est avéré capital. Alors, en avant la musique!
Les origines
Comment un peuple tenu en esclavage pendant plus de deux siècles
et ensuite victime d'un racisme extrêmement contraignant
peut-il parvenir à marquer à tout jamais le grand
livre des innovations musicales ? Si jusqu'au vingtième
siècle la musique était essentiellement européenne
ou du moins profondément influencée par le vieux
continent, il n'en reste pas moins que le dernier siècle
fût celui des Afro-Américains qui bouleversèrent
totalement le monde de la musique occidentale grâce en particulier
au jazz. Malgré les croyances populaires, ce n'est pas
un Afro-Américain, un certain Mr Jazz, qui s'est levé
un matin et qui s'est dit qu'aujourd'hui il inventerait une nouvelle
sorte de musique ! Le jazz puise ses sources principalement de
trois courants musicaux. En premier lieu, des «negro
spirituals», prières chrétiennes chantées
à la sauce rythmique africaine. C'est effectivement dans
les églises que la culture noire américaine prit
véritablement racine. Indépendants sur le plan religieux,
les Noirs purent modeler leurs cérémonies à
leur guise et ainsi, une première forme d'expression prit
forme. Même encore aujourd'hui, les chants gospels, enfantés
par les spirituals, restent assez en vogue et ont influencé
la plupart des styles, comme le «soul» par
exemple. Ensuite, au sortir de la guerre de sécession,
un style nouveau surgit : le blues. Véritable plaidoyer
sur son triste sort, cette musique profondément teintée
de douleur exprime le difficile quotidien du Noir de l'époque
qui voit bien que l'abolition de l'esclavage ne change finalement
pas grand-chose. Durant cette période de fin de siècle,
les Noirs eurent un accès relativement facile aux instruments
européens. Ils créèrent une nouvelle forme
stylistique au piano qu'ils appelèrent Rag et qui s'avéra
l'étincelle qui fit s'enflammer la folie créatrice
qui donna naissance au jazz.
Jazz Nouvelle-Orléans
Ce n'est encore pas faute
du hasard si la Nouvelle-Orléans s'avéra le berceau
de ce nouveau courant musical. En effet, la Nouvelle-Orléans
entretenait déjà à l'époque une assez
vieille tradition musicale puisque ce fut le seul endroit où
les musiciens noirs purent s'exprimer durant l'esclavage. De plus,
sa grande tradition française laissait planer un courant
de libéralisme s'opposant radicalement au puritanisme anglais.
Il y avait donc d'innombrables lieux de «plaisirs».
Cette ville avait aussi une autre particularité qui fut
extrêmement importante pour l'avènement du jazz :
il y avait un grand nombre de créoles, gens de couleur
mulâtre qui étaient issus d'alliances entre un maître
blanc et une maîtresse de couleur. Leur éducation
à l'européenne s'avéra utile puisque les
Noirs, se tournant vers les fanfares délaissées
par les armées suite à la guerre de sécession,
n'avaient aucune compétence dans la lecture musicale. Ainsi,
les premières formes de jazz se tinrent dans les rues,
à pied ou sur des chariots de déménagement
où toute la fanfare, généralement composée
de cuivres, s'installait. Bien que d'autres fanfares se formèrent
à travers le pays, la Nouvelle-Orléans resta tout
de même le modèle. Ce n'était par contre pas
uniquement les fanfares qui jouaient la «hot music».
Par exemple, Jelly Roll Morton, un pianiste, prétend avoir
inventé le jazz vers les années 1903-1904 en adoucissant
les rythmes syncopés du rag. De plus, un autre grand musicien,
cornettiste celui-là, Buddy Bolden, influença lui
aussi beaucoup ses confrères. Par contre, il fut interné
en 1907 dans un asile psychiatrique et n'a jamais pu enregistrer.
Finalement, un autre incontournable de l'époque, le cornettiste
Freddie Keppard, joua jusqu'à Los Angeles ses morceaux
imprégnés d'une forte expressivité. Il enregistra
toutefois aussi très peu craignant que ses rivaux le plagient.
Ce n'était visiblement pas le cas de l'Original Dixieland
Jass Band de Dominick La Rocca qui, le 26 février 1917,
enregistre dans les studios Victor à New York le premier
disque de jazz . Leur pari fut gagné haut la main puisque
le disque se vendit à plus d'un million d'exemplaires,
écrasant tous les records de l'époque. Par contre,
durant cette même année, un événement
majeur perturba la ville : la fermeture du quartier de Storyville.
Ce quartier était celui des principaux endroits où
les jazzmen se produisaient à l'époque, outre les
bateaux. Déjà, avant 1917, plusieurs musiciens s'étaient
établis dans les villes plus industrialisées du
nord comme New York ou Chicago et cet incident vint renforcer
la tendance d'exode vers le nord. C'était le déclin
de la Nouvelle-Orléans.

Jazz Classique
C'est à New York
et à Chicago que les plus grands jazzmen se rendirent.
Le style militaire des fanfares fit place à un jazz plus
orchestral. Il y eut même un mouvement de musique classique
qui s'inspira du jazz et qui donna des pièces comme le
fameux Rhapsody in Blue de Gershwin. Le style un peu saccadé
et très peu coulant du rag et des fanfares fit place à
un jeu beaucoup plus fluide et souple grâce notamment à
la nouvelle tendance des orchestres d'être menés
par un arrangeur. Aussi, de plus en plus apparaissait la tendance
aux improvisations individuelles qui remplaçaient les improvisations
collectives. Aussitôt les années vingt commencées,
les big bands commencent à apparaître notamment grâce
à l'ouverture de salles comme le Cotton Club (1923)
et le Savoy Ballroom (1927).C'est à cette époque
que le jazz connut son premier géant : Louis Armstrong.
Armstrong, considéré par les critiques comme le
roi du jazz, ne révolutionna pas le jazz uniquement par
son sourire éclatant mais aussi par ses solos marqués
d'une immense chaleur, de swing, bref d'une ingéniosité
inégalée. En plus de ce talent de trompettiste,
Armstrong marqua l'imaginaire par sa grosse voix rocailleuse mais
tellement sympathique et joyeuse avec de grands succès
tels What a wonderful world, hello Dolly et La
vie en rose. Armstrong serait aussi considéré
comme le premier " scatter ", eh oui, ce n'est pas Scatman
John ! Faisant face à un terrible blanc de mémoire
lors d'une séance d'enregistrement, Armstrong aurait commencé
à chanter en onomatopée. C'est avec ses groupes,
les hot five et les hot seven, qu'Armstrong enregistra
les albums qui allaient le propulser au sommet mondial du jazz.
Branché sur les dancings, le jazz continue son évolution
en gagnant beaucoup en popularité par l'acceptation sociale
des loisirs mais surtout grâce à l'arrivée
de la radio, vers 1920. Vers la fin des années 20, un nouveau
prodige apparut. Duke Ellington, pianiste et leader de son orchestre,
fit avancer le jazz vers des arrangements encore plus complexes
par ses compositions fortement inspirées du blues. Il composa
des morceaux célèbres tels Take the A train,
Prelude to a kiss , et fut selon plusieurs observateurs
le plus grand compositeur américain du 20ème siècle.
Le plus grand facteur d'évolution du jazz durant le courant
classique fut sans aucun doute le terrible krach boursier de 1929.
À partir de ce moment, les goûts musicaux s'en trouvent
bouleversés. Le jazz " bluesy " n'a plus la côte.
On veut du rythme, on veut danser, on veut oublier, on veut du
neuf. N'ayez crainte, le jazz, tels Batman ou Superman, viendra
à la rescousse de cette civilisation déprimée
!

Le swing
C'est une Amérique
profondément touchée et meurtrie qui entreprend
les années trente. . Le jazz n'est pas épargné.
C'est ce qui explique que de grands jazzmen comme Sidney Bechet
soient obligés de cirer des chaussures et que les déjà
célèbres Armstrong, Ellington et compagnie s'exilèrent
en Europe. La crise économique créa un grand besoin
de divertissements. Le jazz répondit donc par la bouche
de ses instruments et peu à peu un nouveau genre s'imposa
: le swing. Cette musique festive mit un peu de couleur dans une
Amérique plutôt sombre. La principale différence
entre le swing et le jazz «classique» est que dans
le swing, les mesures de deux temps font place aux mesures de
quatre temps. De plus, les oeuvres sont composées à
l'aide de riffs, c'est-à-dire des petites phrases musicales
répétitives sous forme d'appels et de réponses,
qui sont directement issus du patrimoine afro-américain.
Bien que le swing émergea aux débuts des années
trente grâce principalement à Fletcher Anderson,
ce n'est qu'en 1935 que les orchestres swing s'imposèrent.
C'est ce même Anderson, victime de plusieurs ennuis financiers,
qui eut la chance de sa vie lorsqu'on lui demanda de mettre ses
connaissances au service d'un certain Benny Goodman. Ce clarinettiste
virtuose s'imposa comme un des grands de l'ère swing. Il
se constitua un orchestre particulièrement réputé
et va même jusqu'à remplir le Carnegie Hall, en 1938,
normalement restreint à la musique classique. Il composa
plusieurs tubes encore aujourd'hui très réputés
comme Sing, sing, sing (utilisée pour la publicité
des magasins GAP). Il serait bien sûr injuste de parler
du swing sans parler d'un des plus grands pianistes de ce mouvement,
William «Count» Basie. Pianiste minimaliste, économique
au niveau de son jeu, Basie s'est tout de même formé
le plus swing de tous les orchestres notamment grâce à
l'apport de plusieurs musiciens majeurs comme Lester Young, surnommé
le «Prez» par nulle autre que Billie Holliday. Évidemment,
tout n'était pas swing. Il y eut aussi du jazz moins dansant
mais tout aussi important. Par exemple, un des pianistes les plus
influents du jazz, Art Tatum, originaire de Toledo, évolua
à cette époque. Bien qu'aveugle, la technique et
l'expression de Tatum, pianiste strident avant-gardiste, le projeta
directement au statut de légende du jazz. Il fut admiré
tant par les jazzmen que par les musiciens classiques, comme Maurice
Ravel qui s'intéressait au jazz et était un ami
de Gershwin. Bref, le swing fut définitivement la musique
des années trente et eut des répercussions dans
tout l'occident.

Le Be-bop
Bien que le swing fut
le mouvement le populaire de l'histoire du jazz, il n'en reste
pas moins que ce style devint de plus en plus répétitif.
Comme le succès était quasi instantané lorsqu'on
sortait un tube swing, plusieurs adeptes du raffinement musical
digne de l'école Backstreetnsyncbritneyen (!) créèrent
des nullités qui demeuraient parfois momentanément
populaires. Devant ce fort tournant pop qui sombrait dans la routine,
quelques jazzmen frustrés de n'être que des machines
à faire danser prirent un tournant avant-gardiste. Cette
avant-garde s'attira les foudres des critiques, du public et même
de Louis Armstrong qui disait que ce n'était que des accords
qui ne voulaient rien dire et que l'on ne pouvait même pas
danser sur cette musique. Le be-bop ou le bop se caractérisait
par l'accélération du tempo et par des accentuations
assez aléatoires. Le mouvement fut lancé par quelques
rebelles noirs qui «jammaient» ensemble après
le boulot dans des clubs new-yorkais. Au Minton, le style peu
orthodoxe du pianiste Thelonious Monk et du batteur Kenny Clark
attira beaucoup de jeunes jazzmen en quête de nouveauté.
Charlie Christian, jeune guitariste et fondateur du bop pour son
instrument, les y rejoignit un soir et s'avéra une véritable
révélation. Malheureusement, cet ancien guitariste
de Benny Goodman mourut trop jeune pour vivre la grande révolution
du style auquel il avait contribué. C'est donc par l'entremise
de ces clubs New-Yorkais que peu à peu se formait une élite
qui s'amusait, grâce à son étonnante virtuosité,
à repousser les limites harmoniques. Parmi cette élite
se trouvait deux des plus fameux jazzmen, le saxophoniste Charlie
Parker et le trompettiste Dizzy Gillespie. Les improvisations
de Parker dit «Bird» resteront à jamais dans
l'histoire du jazz et pourraient sans aucun doute se trouver dans
le dictionnaire pour illustrer les mots éblouissant, spontané,
incroyable. Voici une anecdote qui démontre bien l'extraordinaire
talent de Parker. Lors de la journée précédant
un concert qui devait être enregistré live,
Parker déambulait dans les rues à la recherche de
son vice, l'héroïne. N'ayant pas les moyens de se
procurer son «fix», ce dernier vendit son saxophone
! Il s'en racheta un en vulgaire plastique, normalement destiné
aux enfants. Malgré tout, personne dans la salle ne remarqua
! Parker joua beaucoup avec Gillespie, selon nous le plus spectaculaire
trompettiste de l'histoire de l'humanité ! Gillespie était
un farceur qui aimait bien donner des titres significatifs à
ses albums tel You stole my wife, you horsethief ! Gillespie
était l'incarnation de la fête et de plus livrait
des solos tout à fait invraisemblables. Le bop, grâce
à ses ambassadeurs new-yorkais commença à
se propager dans tous les États-Unis et même en Europe
à partir de 1945. C'est ce mouvement qui donna définitivement
ses lettres de noblesses au jazz puisqu'il mit en évidence
l'inventivité et la virtuosité dans un contexte
beaucoup plus recherché que la simple danse du swing, et
il fut aussi considéré comme le début du
«modern jazz». Il demeura le principal mouvement jazz
jusqu'à la fin des années quarante.

Bref
Le jazz fut donc un des
grands facteurs d'amélioration de la condition noire aux
États-Unis puisqu'il représentait un moyen de sortir
de la misère. Le Noir de cette époque n'avait guère
d'autre choix que de faire de la boxe, de jouer du jazz ou de
tomber du côté obscur de la force. De plus, bien
que les rapprochements furent graduels et non sans heurts, les
musiciens noirs et blancs se côtoyaient et ainsi apprenaient
à se respecter. D'autre part, le jazz, par ses rythmes
entraînants, fit tomber beaucoup d'interdits dans une société
américaine baignant toujours dans son lourd passé
puritain. C'est en partie grâce au jazz que l'on peut maintenant
danser sans se faire rabrouer par les autorités. Fortement
inspiré de l'Afrique, mais aussi de l'Europe, le jazz est
aussi la preuve que le mélange des cultures peut parfois
entraîner quelque chose d'extrêmement puissant. Le
jazz fut aussi la bougie d'allumage de plusieurs courants musicaux
comme le rap et le rock'n'roll. C'est d'ailleurs le rock'n'roll
qui le détrôna au sommet des «charts»
durant les années 50.
La naissance
Le rock'n'roll comme style musical précis des années
50 et du début des années 60 (et non le mouvement
rock plus global qui comprend tous les styles musicaux qui en
ont dérivé comme le folk rock, le hard rock, le
rock progressif, etc.) fut la marque du changement social au sein
des États-Unis, en partie créé par la rencontre
de la culture afro-américaine et la culture américaine
d'origine européenne. En effet, le rock'n'roll tire beaucoup
de ses racines dans la musique afro-américaine à
mesure que celle-ci est de plus en plus adoptée par les
Blancs. C'est en effet de cette culture noire que le rock'n'roll
et le rock à venir tirent leur notion de groupe musical.
L'influence du blues sur les artistes country et folk anglo-américains
se fait de plus en plus sentir à mesure que l'industrie
du disque rend cette musique originaire du Texas plus accessible.
La jeunesse américaine se lance dans des hybrides des deux
styles et ajoute à sa musique les solos improvisés
typiques du jazz. Ensuite arrive un élément technique
majeur dans l'avènement du rock'n'roll : l'apparition de
la guitare électrique. Les chanteurs blues du sud-ouest
expérimentent avec cet instrument, et les premiers solos
sont enregistrés en 1938 par Eddie Durham avec les «Kansas
City Five and Six» mais c'est Aaron «T-Bone»
Walker qui déploie en premier tout le potentiel de l'instrument
électrique. Il invente l'origine de ce qui allait devenir
le style guitariste de Chuck Berry. En 1938, un style précurseur
du rock commence dans la musique populaire afro-américaine
: le boogie-woogie. La fièvre du boogie allait devenir
un phénomène interracial qui favorisa le rapprochement
des deux cultures musicales et donna un aperçu de la tendance
de rapprochement des deux cultures. Ensuite le rhythm and blues
se développe dans la musique afro-américaine. Un
style qui, comme son nom l'indique, était un dérivé
du blues, plus rythmé et avec un son plus lourd. C'est
le rhythm and blues qui précède immédiatement
le rock'n'roll et il gagne en popularité chez les jeunes
Blancs et chez les Noirs. Ce style s'est tellement rapproché
du futur rock'n'roll que les chansons que l'on considère
maintenant comme étant les premiers rock'n'roll étaient
considérées à leur apparition comme appartenant
au rhythm and bluesé L'expression rock'n'roll comme style
musical n'existait pas encore. À mesure que les courants
noirs de rhythm and blues se rapprochent de ce qui va devenir
le rock'n'roll, le country des Blancs lui aussi évolue
dans cette direction et on attribue même un grand mérite
à celui que l'on considère comme l'un des précurseurs
du rock : Hank Williams, chanteur country américain qui
chanta, sans le savoir, des chansons que l'on pourrait considérer
comme appartenant au rock. Certains qualifièrent même
sa musique de rock sans batterie. En effet, plusieurs de ses chansons
furent reprises par de grands chanteurs des débuts du rock'n'roll
tels qu'Elvis Presley, Fats Domino, Jerry Lee Lewis, Little Richard,
etc. Il annonçait le mode de vie relâché et
décadent qui fera partie de l'univers futur du rock par
son style de vie basé sur l'abus : d'alcool, de drogues,
etc. Il s'éteint jeune, à l'âge de 29 ans,
brûlé par ses abus comme le seront certaines des
futures vedettes de rock. L'expression Rock And Roll fait
sa première apparition en 1936, pour un enregistrement
de Benny Goodman et les Boswell Sisters. Puis on retrouve le «rock»
et le «roll» dans des chansons de rhythm and blues
ou de boogie-woogie de la fin des années 40, ces expressions
signifiant «bouger» et «rouler» avec une
connotation sexuelle. Par exemple la chanson We're Gonna Rock,
We're Gonna Roll de Wild Bill Moor. Alan Freed sera le premier
à utiliser l'expression à la radio pour qualifier
la nouvelle vague du début des années 50, période
durant laquelle le rock 'n'roll apparaît officiellement.
L'on qualifie de premier vrai rock'n'roll l'enregistrement de
Rocket 88 en 1951 par Ike Turner. Dans cet enregistrement,
la guitare avait un son trop bruyant et fuyant, dû au fait
que l'amplificateur était tombé du toit de la voiture
de Ike pendant qu'il se rendait au studio et que Sam Phillips
le producteur avait fourré l'amplificateur de papiers chiffonnés
pour stabiliser le haut-parleur! À cette époque
Rocket 88 est présenté sous l'étiquette
du Rhythm and Blues ainsi que d'autres hits de bluesman noirs
qui seront plus tard qualifiés de rock'n'roll lorsqu'ils
seront repris par des chanteurs blancs. Prenons par exemple Shake
Rattle And Roll en mai 1954, interprété à
l'origine par Joe Turner mais repris tout de suite par Bill Haley
et son groupe. Ce dernier enregistra un tube qui resta numéro
un aux États-Unis durant 8 semaines et qui fut le premier
succès international du rock'n'roll : Rock Around The
Clock en mai 1955 alors que le rock explosait en Amérique
d'abord, puis dans le reste du monde.

Les cinq styles du rock'n'roll
Après sa naissance, l'on pouvait distinguer cinq styles
différents de rock'n'roll. Le rock'n'roll des groupes du
Nord, représenté principalement par Bill Haley et
ses Comets, consistait principalement en une musique de danse
d'un style joyeux dérivé d'un Rhythm and Blues ancien
mais conservant une respectabilité de chanteurs blancs.
Ensuite, il y avait le style blues dansant de la Nouvelle-Orléans,
qui comprenait la musique de Fats Domino et de Little Richard.
Il consistait en une musique moins rigide, plus libérée
et mettait l'emphase sur le chanteur : par exemple dans le cas
de Little Richard, c'est lui qui faisait le spectacle par sa fougue
et ses hurlements, les musiciens ne faisant que l'accompagner.
Un troisième style, celui dont a fait partie Elvis Presley,
nommé rockabilly, était la rencontre entre le hillbilly
et le rock'n'roll. Il consistait en une alternance de chansons
plus lentes, plus country et de chansons plus dansantes ressemblant
un peu au blues de danse de la Nouvelle-Orléans mais en
accordant encore plus d'effet à la voix du chanteur. Le
contenu des paroles était beaucoup plus personnel que les
paroles des groupes du Nord et faisait ainsi ressortir plus encore
l'individualisme du chanteur. Ce fut le style de rock'n'roll le
plus populaire et le plus rentable et donc celui qui eut la plus
grande influence sur le rock à venir. Le rhythm and blues
de Chicago fut le style musical qui s'en rapprocha le plus, mais
chanté par des Noirs. Le fameux Chuck Berry était
son plus populaire représentant avec des hits comme Maybellenne
en 1955 et Johnny B. Goode. Ce style regroupa les chanteurs
noirs désireux de faire carrière avec le blues.
Ils se rendaient à Chicago pour avoir une meilleure chance
de percer puisque des grands de la musique noire, en l'occurrence
Muddy Waters et Howling Wolf, s'y étaient établis
pour y faire grandir le blues des bars. Le cinquième style
de rock'n'roll était celui des groupes vocaux, groupes
de chanteurs réputés pour leurs contre-chants accompagnés
(ou pas) par un strict minimum d'instruments de base. On y retrouve
the Teenagers, les Crows et les Platters.
Le rock'n'roll dans la société
: une influence réciproque
Le rock'n'roll n'aurait pas eu la même popularité
et ne serait probablement pas venu au monde sans d'importants
phénomènes sociaux aux États-Unis après
la deuxième guerre mondiale. En effet, le rock'n'roll est
la réponse culturelle aux demandes des jeunes de l'époque.
La période d'après-guerre apporta un profond désir
de s'adonner aux plaisirs fous, de s'amuser et de danser chez
les adolescents, en comparaison de la génération
adulte plus sérieuse et orthodoxe. C'est dans cette période
que l'on voit apparaître pour la première fois la
culture adolescente avec un pouvoir de consommation qu'il devient
graduellement impossible de négliger. Il faut savoir que
la musique de la culture noire à cette époque aux
États-Unis était beaucoup plus rythmique et moins
réglementée que la musique country ou western des
Blancs et donc, à mesure que l'industrie du disque de la
musique noire destinée aux Noirs grandissait, (à
l'échelle nationale la clientèle noire n'existait
pas avant la guerre), il est normal que la jeunesse blanche de
l'époque se soit intéressée à cette
musique qui contredisait la société de l'époque.Le
seul fait de s'intéresser à de la musique de Noirs
paraissait malsain surtout pour les gens du Sud. Ainsi seulement
de petites firmes indépendantes enregistraient de la musique
jouée par des Noirs ; les grandes firmes, elles, s'en tenaient
à ce qui était accepté socialement, les chansons
d'amour, mélodramatiques, et les classiques country ou
western pour la musique de variété. Cette musique
blanche traditionnelle ne pouvait pas convenir à la nouvelle
fougue de la jeunesse désirant des styles plus dansants.
Mais les firmes indépendantes étaient loin de faire
la promotion des Noirs, beaucoup de succès Rhythm and Blues
écrits et interprétés originalement par des
Noirs étaient repris par des chanteurs blancs avant d'être
diffusés sur les rares radios diffusant du Rhythm and Blues.
Même que l'expression rock'n'roll a été originairement
utilisée dans l'industrie du disque et à la radio
pour désigner un Rhythm And Blues destiné aux Blancs
: il fallait faire une distinction entre la musique pour Blancs
et la musique pour Noirs. De plus, nombreuses ont été
les modifications des chansons originales écrites par des
Noirs avec des allusions sexuelles bien souvent perçues
de façon humoristique par la communauté noire, mais
considérées comme vulgaires et offensantes par la
communauté blanche américaine. Les paroles devaient
parfois être presque toutes changées pour que les
stations de radio acceptent de les jouer et même là,
l'ASCAP (The American Society of Composers, Authors and Publishers)
faisait pression sur elles pour qu'elles ne passent pas ces chansons.
Dans la première moitié des années 50 commencèrent
à apparaître des films sur les adolescents, dont
certains sur le conflit des générations tels que
: L'Équipée Sauvage en 1954 et La Fureur
de vivre en 1955. Ces films font usage de mots d'argot noir,
mais il faut attendre Graine de Violence en 1956 pour que
le rock'n'roll s'associe avec ces films de révolte juvénile.
La bande sonore de ce film contient le Rock Around the Clock
de Bill Haley pour exprimer ainsi le rejet de la musique traditionnelle
des Blancs. La société en général
et les grandes firmes de l'industrie musicale sont dérangées
par l'accroissement de popularité du rock'n'roll. Elles
lui reprochent de diffuser des messages à caractère
sexuel, de promouvoir le dénigrement de l'autorité
et d'être chanté par des Noirs ou des Blancs imitant
des Noirs. Le Sud des États-Unis est particulièrement
dérangé par cette dernière réalité,
et tente même d'interdire le rock'n'roll l'accusant de faire
partie d'un complot de la NAACP , une organisation antiraciste
tentant, croyait-on, de corrompre la jeunesse blanche du Sud avec
cette musique. Il en va même jusqu'à l'agression
de Nat «King» Cole, un chanteur noir qui ne chantait
même pas de rock'n'roll pendant qu'il était sur scène
par des membres du «White Citizen's Concil». C'est
donc dans la désapprobation que le rock'n'roll entre dans
son «âge d'or». Cette période peut se
résumer dans l'impact fulgurant de la carrière du
«King» du rock'n'roll : Elvis Presley. Ce dernier
eut un impact important sur la société américaine
surtout par sa personnalité surprenante plutôt par
son style musical. Il donnait volontairement au rock'n'roll une
image malsaine à laquelle la jeunesse avide de révolte
s'est attachée facilement. Il provoquait si bien par ses
déhanchements, ses insinuations sexuelles, que les caméramans
ne le filmaient qu'à partir de la taille en montant! Il
devint l'idole parfaite de la jeunesse et par sa voix établit
une relation d'apparente familiarité avec ses fans. La
jeunesse l'utilisa comme symbole du rock'n'roll, de la révolte
contre la génération adulte. Mais bientôt
Elvis se désintéressa de la musique et accentua
l'aspect commercial de sa carrière. Sous les conseils du
colonel Parker, un homme d'affaires, il s'engagea dans une carrière
de cinéma hollywoodien. Il participa à des productions
de films navets, dans lesquels il joue presque toujours le même
rôle, celui d'un jeune un peu rebelle qui chante quelques
chansons rock'n'roll. Il ne met pas en valeur son véritable
talent de comédien, l'aspect commercial l'emportant sur
la production artistique. Sa seule apparition rend les films rentables.
La fin de sa carrière dans la quasi-déchéance
donna un aperçu de l'attitude de négligence tant
sociale que personnelle qui caractérisera des futurs rockers
et leur style décadent.
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Bref
Le rock'n'roll représente
donc un mouvement social américain chez les jeunes d'après-guerre
et découle musicalement de la croissance des interactions
entre les Blancs et les Noirs au milieu du 20ème siècle.
Le rock'n'roll américain inspire aussi le monde de la musique
sur le plan international, et engendre le vaste domaine du rock,
un monde en soi, nommé ainsi justement en reconnaissance
du rock'n'roll qui existe encore aujourd'hui. De lui a surgi une
multitude de styles connexes dont le très important blues
anglais des Rolling Stones et le phénomène des Beatles,
deux groupes britanniques qui avouent avoir été
influencés par des grands comme Elvis, et autres personnages
importants de la musique américaine. La période
de la contre-culture, par l'entremise de ses plus grands artistes,
est directement issue du style développé par le
rock'n'roll.
L'agent Bob Dylan
Avant même que la période du rock'n'roll d'Elvis
et compagnie ne s'estompe, un agent important dans la production
musicale américaine et son influence sur la scène
internationale, enregistrait son premier album folk. Son nom est
Dylan, Bob Dylan. Au début de sa carrière Bob Dylan
s'adonne au folk pour la simple et bonne raison qu'il veut se
faire entendre et le folk était un style accessible qui
ne lui causait pas de problèmes techniques, étant
donné la simplicité musicale de ce style. Son premier
album s'apparente aux autres albums de folk et seulement deux
des chansons sont de lui. Mais en 1962 arriva un magazine dénommé
Broadside qui annonçait vouloir publier les paroles
des meilleures chansons folk récentes. Bob Dylan fut motivé
par ce magazine, car il se voulait poète désireux
de transmettre ses messages au plus grand nombre de gens. Il se
démarqua immédiatement de ses pairs par l'expressivité
des paroles de ses chansons. À l'époque de la musique
dite populaire dont le folk faisait partie, le but de la plupart
des artistes était de devenir connu et de vendre des albums.
En conséquence, les paroles étaient souvent plus
accrocheuses et faciles. Dylan voulait crier à travers
ses chansons, ses idées politiques, ses fantasmes, ses
idéaux. Ses messages reflétaient bien l'atmosphère
de cette époque et donc beaucoup se sentirent touchés
par les chansons de Bob. En 1962 Bob Dylan fit une tournée
en Angleterre et se fit connaître du peuple anglais qui
fût très influencé par ses chansons, surtout
par les paroles qui ont un sens politique et personnel. Dylan
aura son premier succès avec «Like a Rolling Stone»
en 1966. Il continuera d'influencer les futurs chanteurs folk
et rock à mesure que son style évoluera vers le
«folk-rock». Il serait facile de parler très
longuement du reste de la carrière de Bob Dylan, mais l'aspect
de sa carrière qui était le plus intéressent
ici était l'influence qu'il a eue en Angleterre avant l'invasion
britannique. Mais l'agent Dylan devrait refaire surface à
l'occasion dans ce qui va suivre.

L'invasion britannique : la
réaction américaine
À partir de 1964 le marché américain fut
envahi par la musique britannique en commençant par les
Beatles et les Rolling Stones, pour ne nommer que les plus importants.
La réaction de l'industrie du disque américaine
fût très différente entre New York et la côte
Ouest. À New York l'impact est désastreux, surtout
pour les firmes indépendantes qui faisaient la majeure
partie de leurs profits avec les groupes rock qui étaient
maintenant éclipsés par les groupes britanniques.
Les grandes firmes elles aussi prises au dépourvu, et incapables
de compenser leurs pertes par leurs propres artistes, ont plutôt
essayé de sauver leur peau en tentant d'obtenir les droits
sur les disques anglais et de les offrir sous licence. Mais ce
procédé était risqué, des firmes indépendants
survivantes pouvant distribuer les disques avant elles. Sur la
côte Ouest la tactique fut toute autre, l'industrie se mit
à créer des groupes à l'image des groupes
britanniques pour leur faire concurrence, ou du moins s'accaparer
une part locale du marché. Parmi ces groupes mentionons
: les Monkees, copie des Beatles, Paul Rever et les Raiders, copie
des Rolling Stones, Gary Lewis et les Playboys, copie des Hollies,
et les Electric Prunes, copie des YardBirds. Les seuls groupes
qui ne copiaient pas les styles anglais étaient ceux qui
s'inspiraient du «folk-rock» de Bob Dylan mais ils
n'eurent pas un aussi grand succès commercial que les simulacres
britanniques.
La contre-culture : apports
américains
Alors que l'usage des drogues douces se répandait sur le
continent américain en remplaçant l'alcool comme
activité sociale, et que les drogues plus dures comme le
LSD inspirèrent plusieurs musiciens, des groupes américains
influents sont sortis de l'ombre. Parmi ceux-ci notons les Doors,
et plus particulièrement son chanteur Jim Morrison. Ils
ont signé avec la firme indépendante Elektra dont
la philosophie était de laisser libre arbitre à
ses artistes et de ne pas intervenir dans leur séance d'enregistrement.
Les Doors donnaient un son blues à leur musique avec des
improvisations inspirées du jazz, et le style vocal de
Morrison s'inspirait du folk. Jim Morrison s'est aussi inspiré
du théâtre et du cinéma pour ses métaphores.
L'on peut regrouper le répertoire des Doors en trois styles
d'oeuvres : plus conventionnels du style «come-on»
comme Light My Fire, des atmosphères plutôt
maussades comme dans The End, et des chansons pop inusitées
dans le style de Break on Through. Mais ce qui a le plus
marqué dans la musique de ce groupe fut surtout l'attitude
provocatrice de Jim Morrison sur scène. Ses performances
constituaient un modèle parfait de la contre-culture, qui
ne fait pas qu'arrêter de cacher la sexualité mais
l'affiche de la façon la plus crue et suggestive possible.
La jeunesse s'est ralliée aux côtés de Jim
contre la génération des plus de 25 ans, contre
l'autorité à mesure que la police l'arrêtait
de façon répétitive et surveillait tous ses
faits et gestes. Le groupe disparut avec le mort de Morrison le
3 juillet 1971.

Un autre groupe, Big Brother and the Holding Compagny a lui aussi innové par son côté psychédélique et surtout par sa chanteuse au style blues, la meilleure voix du rock : Janis Joplin. Elle aussi, suivant les tendances de la contre-culture, se démenait sur scène et bougeait de façon suggestive. Elle fut la première femme à ne pas cacher qu'il y avait un lien entre les paroles de ses chansons à caractère sexuel et ses propres désirs. Même si certaines chanteuses des années 20 n'avaient pas caché leur appétit sexuel, la presse ne couvrait pas tous leurs faits et gestes comme cela a été le cas pour Janis. Sa vie à elle aussi dégénéra, passant de l'abus de drogue à l'abus d'alcool et aux relations sans intérêts, mais elle fit preuve aussi d'un grande innovation musicale, surtout à la fin de sa vie où elle a fait carrière solo. Elle finit par s'éteindre d'une overdose d'héroïne en octobre 1970. Finalement arrêtons-nous sur un autre exemple de la création musicale américaine de l'époque de la contre-culture : Jimi Hendrix. Cet Afro-Américain révolutionna tout l'univers de la guitare électrique, inventant de nouvelles façons d'en jouer et maîtrisant si bien son instrument qu'il pouvait le combiner à ses talents d'homme de spectacle. Ce qui donna des prestations inoubliables dans lesquelles il joua de la guitare avec ses dents, derrière son dos ou encore pendant qu'elle est en feu. Mais il faut aussi considérer ses talents d'auteur et de chanteur qui sont souvent éclipsés par ses dons de virtuose en tant que guitariste.
Bref
Même si du côté musical, les sixties ont été
beaucoup influencées par les apports britanniques et qu'elles
contiennent une part de copiage de la part des Américains,
il y eut aussi un apport original important, surtout sur le plan
de la libération expressive dans le cadre de la contre-culture
par des artistes influents comme Bob Dylan, les Doors, Janis Joplin
et Jimi Hendrix. De plus ces grandes figures de la musique américaine
ont aussi marqué la musique à venir au même
titre que les groupes britanniques. Il serait donc injuste de
qualifier de copiée et de médiocre la musique américaine
de cette époque.
Bref, au cours de ce périple dans le monde magique de la musique américaine, il apparaît assez évident que les Américains ont su tirer leur épingle du jeu, allant même jusqu'à créer une musique totalement neuve et originale. Le jazz et le rock'n'roll sont bien sûr d'excellents exemples. La grande domination des artistes américains dans le jazz et le rock'n'roll est aussi une preuve que les Américains n'ont pas seulement parti le genre mais ont aussi su le faire évoluer. De plus, malgré l'invasion britannique des années 60, les Américains ont toujours su maintenir une étroite relation avec leurs muses et sont donc restés au sommet de leur art. Bien sûr, les sixties nous font penser aux Beatles et au début de Pink Floyd, mais aussi au grand Jimi, à la charmante Janis et aux incroyables frasques de Jim Morrisson et de ses Doors. Il découle aussi de ce travail que le mélange des cultures a évidemment été le point de départ de cette nouvelle civilisation que sont les États-Unis. Le jazz, le blues et le rock'n'roll sont tous trois étroitement liés à un phénomène de mélange culturel. La musique a puisé aussi ses sources dans la société elle-même; sur la scène musicale américaine, les laissés-pour-compte ont pu détenir le crachoir l'espace d'un instant. Effectivement, la musique a aussi servi la jeunesse lors des années cinquante où les interdits ont commencé à être levés sur plusieurs choses, ne serait-ce que le droit de danser. La musique n'a pas seulement servi à faire danser mais bien à faire tomber les barrières morales d'une civilisation encore marquée par le puritanisme anglais. L'avènement des styles au travers des époques ne relève pas du hasard et témoigne bien de l'importance historique des États-Unis dans l'évolution de la musique. Nous croyons donc avoir démontré la pertinence de la musique américaine, en retraçant ses grandes périodes, en analysant ses grands artistes et en démontrant l'influence qu'elle a eue et continue d'avoir sur la musique mondiale, ou tout au moins occidentale.
Les États-Unis ont-ils vraiment créé quelques chose de nouveau en matière musicale? La réponse est un énorme oui ! Ils ont en premier lieu créé une musique tout à fait originale au tout début du denier siècle, le jazz. Ils ont su en faire évoluer le style et ont toujours été à l'avant scène de cette musique maintenant reconnue internationalement. Ensuite, au début des années cinquante, la révolution rock'n'roll a pris d'assaut le monde entier. Les Américains sont encore une fois les principaux fondateurs de cette musique libertaire. Et encore, durant les années soixante, malgré l'invasion britannique, les États-Unis ont toujours gardé une grande influence dans la musique, ne serait-ce que par Bob Dylan, Jimi Hendrix et The Doors qui ont su se démarquer des autres et repousser les limites musicales un peu plus loin. D'autre part, la musique a aussi joué un rôle social important puisqu'elle a su influencer la société et faire évoluer les mentalités.
Section jazz
BERGEROT, Franck et Arnaud Merlin. L'épopée du jazz. France. Gallimard. 1999. vol 1. 160 p.
BERGEROT, Franck et Arnaud Merlin. L'épopée du jazz. France. Gallimard. 1999. vol 2. 160 p.
FORDHAM, John. Jazz. Canada. Hurtubise HMH. 1995. 216 p.
CARR, Roy. La légende du jazz. France. Larousse.1998.255 p.
ADLER, Philippe et Pierre de Chocqueuse. Passeport pour le jazz. France. Balland. 1998. 410 p.
RODRIGUEZ, Christophe. Les grands noms du jazz. Québec. Édition de l'homme. 2001. 255 p.
KOECHLIN, Stéphane. Le Rock. France. Hachette.1996. 79 p.
All Music Guide : http://www.allmusic.com/
Section rock'n'roll
GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 1. Paris. Albin-Michel. 1982. 292 p.
GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 2. Paris. Albin-Michel. 1982. 300 p.
BARSAMIAN, Jacques et François Jouffa. L'âge d'or du rock'n'roll. France. Michel Lafon. 1994. 255 p.
MILLER, Jim. The rolling stone illustrated : History of rock'n'roll. Random house/Rolling stone press book. USA. 1980. 474 p.
Origines du Rock: http://www.multimania.com/rocktribu/historigines.html
A Brief History of Banned Music in the United States: http://ericnuzum.com/banned/
All Music Guide : http://www.allmusic.com/
Section sixties
All Music Guide : http://www.allmusic.com/
GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 2. Paris. Albin-Michel.
1982. 300 p.
The rolling stone : http://www.rollingstone.com
Section jazz
Pour ce qui a trait au jazz, nous nous sommes basés principalement sur L'épopée du jazz. Nous avons lu le livre en entier. Nous avons ensuite vérifié nos dires à l'aide de La légende du jazz ainsi que du livre Jazz qui comportait essentiellement les mêmes informations que L'épopée du jazz. Pour les repères chronologiques, le livre Jazz possède une brève chronologie en forme de ligne du temps qui s'est avérée très utile à notre travail. Le site web de All Music Guide et le livre Les grands noms du jazz nous ont été utiles pour les définitions et pour avoir de l'information personnelle sur certains jazzmen. Finalement, pour agrémenter la recherche de quelques anecdotes, nous avons pigé dans La légende du jazz , qui en comportent énormément et toutes plus croustillantes les unes que les autres. Finalement, le livre Passeport pour le jazz nous a été utile pour quelques informations disparates et aussi pour parfaire nos connaissances des enregistrements du jazz.
Section Rock'n'Roll
Dans cette section, nous avons principalement
utilisé l' History of Rock & Roll de Jim Miller
pour retracer les étapes importantes de la naissance du
style par ses racines, mais nous avons aussi pris de l'information
venant de L'âge d'Or du Rock'n'Roll en ce qui a trait
à l'influence du chanteur country Hank Williams et de l'avènement
du Rock Around The Clock de Bill Haley.
Nous avons ensuite utilisé Histoire du Rock'n'Roll ,
tome 1 de Charlie Gillet pour décrire les cinq styles de
rock'n'roll. Ce même titre en collaboration avec le site
internet Origines du Rock a été utilisé
pour la première partie du Rock & Roll dans la société.
La deuxième partie : celle qui traite d'Elvis a plutôt
puisé son information dans l' History of Rock &
Roll de Jim Miller.
Section Sixties
Cette section fût complétée à l'aide de l' Histoire du Rock'n'Roll , tome 2 : L'Apogée de Charlie Gillet, pour la majeure partie sur l'agent Bob Dylan et pour la partie concernant la réaction américaine face à l'invasion britannique. L'autre documentation utilisée pour compléter l'information sur Bob Dylan a été prise sur le site internet de allmusic.com . Ce même site a servi pour les biographies de la section des apports américains à la contre-culture avec l'aide de l' Histoire du Rock'n'Roll ,tome 2 : L'Apogée ainsi que le site du Rolling Stone Magazine.
Pour accéder à la page d'accueil
du cours d'histoire des États-Unis: cliquez ici