Joël Blouin

logan55@videotron.ca

et

Louis Fagnan

james1bond@hotmail.com

 

 

La création artistique américaine : une médiocre copie ?
La musique américaine de 1900 à 1970

Travail présenté à : Richard Patry

Novembre 2001

 

Notez bien:

Je remercie MM. Blouin et Fagnan d'avoir bien voulu diffuser, à titre d'exemple, leur travail de recherche fait dans le cadre du cours d'histoire des États-Unis. Je n'ai «revu» que l'écriture du texte, sans rien y changer ni des faits, analyses et conclusions des étudiants, qui leur appartiennent. Comme je n'aurais pas voulu altérer ni leur style, ni leur humour. Le choix des illustrations est de moi. Je suis sûr que tous les lecteurs de ce travail passeront un bon moment... (R. Patry)

 




Table des matières

Introduction

Le jazz : révolution afro-américaine
Les origines.
Le jazz Nouvelle-Orléans
Le jazz classique.
Le swing
Le Be-bop
Bref..

Le Rock'n'roll : révolution musicale, révolution adolescente
La naissance
Les cinq styles
Le rock'n'roll dans la société : une influence réciproque
Bref


Les sixties
L'agent Bob Dylan
Invasion britannique : la réaction américaine
La contre-culture : apports américains
Bref

Conclusion

Résumé Synthèse...

Bibliographie
Références détaillées



Introduction

Les États-Unis, berceau mondial de la culture de masse, ont produit leur lot de Backstreet Boys au cours des dernières années. Les pop stars ont toujours été une partie intégrante du système de valeur américain et symbolisent le fameux «american dream» si cher à nos voisins du Sud. Suite à la véritable invasion mondiale de la culture de masse, qui tente sans relâche de s'imposer comme le standard artistique, les États-Unis se sont vu apposer l'étiquette de pays sans culture où les artistes ne sont qu'une image et par le fait même sont sans âme et sans message. Bien que tout ceci ne soit pas complètement erroné, il ne faut toutefois pas tomber dans le vicieux piège qu'est la généralisation et laisser sombrer dans l'oubli tous ces artistes qui par leur génie et leur total dévouement à leur art ont complètement bouleversé le monde musical et qui continuent encore de l'influencer aujourd'hui. C'est pourquoi nous tenterons de démonter l'importance des États-Unis dans le développement musical occidental et leurs nombreuses influences par l'entremise de styles développés à l'intérieur même de leurs frontières. De plus, nous mettrons en parallèle les grands événements sociaux ou politiques qui ont entraîné ces tournants et ces évolutions musicales. En premier lieu, nous passerons le jazz et ses principaux courants de la première moitié du siècle dernier au peigne fin. Ensuite, nous étudierons le rock n'roll, sa naissance, les grands noms de cette musique entraînante et ses principaux styles. Finalement, nous aborderons la période des sixties en nous intéressant aux grands artisans de cette révolution fleurie. Bref, nous survolerons les plus grands courants de musique populaire américaine dans le but de prouver hors de tout doute que l'apport des Américains à la musique s'est avéré capital. Alors, en avant la musique!

 

*

Le Jazz

Les origines


Comment un peuple tenu en esclavage pendant plus de deux siècles et ensuite victime d'un racisme extrêmement contraignant peut-il parvenir à marquer à tout jamais le grand livre des innovations musicales ? Si jusqu'au vingtième siècle la musique était essentiellement européenne ou du moins profondément influencée par le vieux continent, il n'en reste pas moins que le dernier siècle fût celui des Afro-Américains qui bouleversèrent totalement le monde de la musique occidentale grâce en particulier au jazz. Malgré les croyances populaires, ce n'est pas un Afro-Américain, un certain Mr Jazz, qui s'est levé un matin et qui s'est dit qu'aujourd'hui il inventerait une nouvelle sorte de musique ! Le jazz puise ses sources principalement de trois courants musicaux. En premier lieu, des «negro spirituals», prières chrétiennes chantées à la sauce rythmique africaine. C'est effectivement dans les églises que la culture noire américaine prit véritablement racine. Indépendants sur le plan religieux, les Noirs purent modeler leurs cérémonies à leur guise et ainsi, une première forme d'expression prit forme. Même encore aujourd'hui, les chants gospels, enfantés par les spirituals, restent assez en vogue et ont influencé la plupart des styles, comme le «soul» par exemple. Ensuite, au sortir de la guerre de sécession, un style nouveau surgit : le blues. Véritable plaidoyer sur son triste sort, cette musique profondément teintée de douleur exprime le difficile quotidien du Noir de l'époque qui voit bien que l'abolition de l'esclavage ne change finalement pas grand-chose. Durant cette période de fin de siècle, les Noirs eurent un accès relativement facile aux instruments européens. Ils créèrent une nouvelle forme stylistique au piano qu'ils appelèrent Rag et qui s'avéra l'étincelle qui fit s'enflammer la folie créatrice qui donna naissance au jazz.


Jazz Nouvelle-Orléans


Ce n'est encore pas faute du hasard si la Nouvelle-Orléans s'avéra le berceau de ce nouveau courant musical. En effet, la Nouvelle-Orléans entretenait déjà à l'époque une assez vieille tradition musicale puisque ce fut le seul endroit où les musiciens noirs purent s'exprimer durant l'esclavage. De plus, sa grande tradition française laissait planer un courant de libéralisme s'opposant radicalement au puritanisme anglais. Il y avait donc d'innombrables lieux de «plaisirs». Cette ville avait aussi une autre particularité qui fut extrêmement importante pour l'avènement du jazz : il y avait un grand nombre de créoles, gens de couleur mulâtre qui étaient issus d'alliances entre un maître blanc et une maîtresse de couleur. Leur éducation à l'européenne s'avéra utile puisque les Noirs, se tournant vers les fanfares délaissées par les armées suite à la guerre de sécession, n'avaient aucune compétence dans la lecture musicale. Ainsi, les premières formes de jazz se tinrent dans les rues, à pied ou sur des chariots de déménagement où toute la fanfare, généralement composée de cuivres, s'installait. Bien que d'autres fanfares se formèrent à travers le pays, la Nouvelle-Orléans resta tout de même le modèle. Ce n'était par contre pas uniquement les fanfares qui jouaient la «hot music». Par exemple, Jelly Roll Morton, un pianiste, prétend avoir inventé le jazz vers les années 1903-1904 en adoucissant les rythmes syncopés du rag. De plus, un autre grand musicien, cornettiste celui-là, Buddy Bolden, influença lui aussi beaucoup ses confrères. Par contre, il fut interné en 1907 dans un asile psychiatrique et n'a jamais pu enregistrer. Finalement, un autre incontournable de l'époque, le cornettiste Freddie Keppard, joua jusqu'à Los Angeles ses morceaux imprégnés d'une forte expressivité. Il enregistra toutefois aussi très peu craignant que ses rivaux le plagient. Ce n'était visiblement pas le cas de l'Original Dixieland Jass Band de Dominick La Rocca qui, le 26 février 1917, enregistre dans les studios Victor à New York le premier disque de jazz . Leur pari fut gagné haut la main puisque le disque se vendit à plus d'un million d'exemplaires, écrasant tous les records de l'époque. Par contre, durant cette même année, un événement majeur perturba la ville : la fermeture du quartier de Storyville. Ce quartier était celui des principaux endroits où les jazzmen se produisaient à l'époque, outre les bateaux. Déjà, avant 1917, plusieurs musiciens s'étaient établis dans les villes plus industrialisées du nord comme New York ou Chicago et cet incident vint renforcer la tendance d'exode vers le nord. C'était le déclin de la Nouvelle-Orléans.

[Original Dixieland Jass Band: 1917]

Jazz Classique
C'est à New York et à Chicago que les plus grands jazzmen se rendirent. Le style militaire des fanfares fit place à un jazz plus orchestral. Il y eut même un mouvement de musique classique qui s'inspira du jazz et qui donna des pièces comme le fameux Rhapsody in Blue de Gershwin. Le style un peu saccadé et très peu coulant du rag et des fanfares fit place à un jeu beaucoup plus fluide et souple grâce notamment à la nouvelle tendance des orchestres d'être menés par un arrangeur. Aussi, de plus en plus apparaissait la tendance aux improvisations individuelles qui remplaçaient les improvisations collectives. Aussitôt les années vingt commencées, les big bands commencent à apparaître notamment grâce à l'ouverture de salles comme le Cotton Club (1923) et le Savoy Ballroom (1927).C'est à cette époque que le jazz connut son premier géant : Louis Armstrong. Armstrong, considéré par les critiques comme le roi du jazz, ne révolutionna pas le jazz uniquement par son sourire éclatant mais aussi par ses solos marqués d'une immense chaleur, de swing, bref d'une ingéniosité inégalée. En plus de ce talent de trompettiste, Armstrong marqua l'imaginaire par sa grosse voix rocailleuse mais tellement sympathique et joyeuse avec de grands succès tels What a wonderful world, hello Dolly et La vie en rose. Armstrong serait aussi considéré comme le premier " scatter ", eh oui, ce n'est pas Scatman John ! Faisant face à un terrible blanc de mémoire lors d'une séance d'enregistrement, Armstrong aurait commencé à chanter en onomatopée. C'est avec ses groupes, les hot five et les hot seven, qu'Armstrong enregistra les albums qui allaient le propulser au sommet mondial du jazz. Branché sur les dancings, le jazz continue son évolution en gagnant beaucoup en popularité par l'acceptation sociale des loisirs mais surtout grâce à l'arrivée de la radio, vers 1920. Vers la fin des années 20, un nouveau prodige apparut. Duke Ellington, pianiste et leader de son orchestre, fit avancer le jazz vers des arrangements encore plus complexes par ses compositions fortement inspirées du blues. Il composa des morceaux célèbres tels Take the A train, Prelude to a kiss , et fut selon plusieurs observateurs le plus grand compositeur américain du 20ème siècle. Le plus grand facteur d'évolution du jazz durant le courant classique fut sans aucun doute le terrible krach boursier de 1929. À partir de ce moment, les goûts musicaux s'en trouvent bouleversés. Le jazz " bluesy " n'a plus la côte. On veut du rythme, on veut danser, on veut oublier, on veut du neuf. N'ayez crainte, le jazz, tels Batman ou Superman, viendra à la rescousse de cette civilisation déprimée !

[Louis Armstrong: tous les talents...]

Le swing
C'est une Amérique profondément touchée et meurtrie qui entreprend les années trente. . Le jazz n'est pas épargné. C'est ce qui explique que de grands jazzmen comme Sidney Bechet soient obligés de cirer des chaussures et que les déjà célèbres Armstrong, Ellington et compagnie s'exilèrent en Europe. La crise économique créa un grand besoin de divertissements. Le jazz répondit donc par la bouche de ses instruments et peu à peu un nouveau genre s'imposa : le swing. Cette musique festive mit un peu de couleur dans une Amérique plutôt sombre. La principale différence entre le swing et le jazz «classique» est que dans le swing, les mesures de deux temps font place aux mesures de quatre temps. De plus, les oeuvres sont composées à l'aide de riffs, c'est-à-dire des petites phrases musicales répétitives sous forme d'appels et de réponses, qui sont directement issus du patrimoine afro-américain. Bien que le swing émergea aux débuts des années trente grâce principalement à Fletcher Anderson, ce n'est qu'en 1935 que les orchestres swing s'imposèrent. C'est ce même Anderson, victime de plusieurs ennuis financiers, qui eut la chance de sa vie lorsqu'on lui demanda de mettre ses connaissances au service d'un certain Benny Goodman. Ce clarinettiste virtuose s'imposa comme un des grands de l'ère swing. Il se constitua un orchestre particulièrement réputé et va même jusqu'à remplir le Carnegie Hall, en 1938, normalement restreint à la musique classique. Il composa plusieurs tubes encore aujourd'hui très réputés comme Sing, sing, sing (utilisée pour la publicité des magasins GAP). Il serait bien sûr injuste de parler du swing sans parler d'un des plus grands pianistes de ce mouvement, William «Count» Basie. Pianiste minimaliste, économique au niveau de son jeu, Basie s'est tout de même formé le plus swing de tous les orchestres notamment grâce à l'apport de plusieurs musiciens majeurs comme Lester Young, surnommé le «Prez» par nulle autre que Billie Holliday. Évidemment, tout n'était pas swing. Il y eut aussi du jazz moins dansant mais tout aussi important. Par exemple, un des pianistes les plus influents du jazz, Art Tatum, originaire de Toledo, évolua à cette époque. Bien qu'aveugle, la technique et l'expression de Tatum, pianiste strident avant-gardiste, le projeta directement au statut de légende du jazz. Il fut admiré tant par les jazzmen que par les musiciens classiques, comme Maurice Ravel qui s'intéressait au jazz et était un ami de Gershwin. Bref, le swing fut définitivement la musique des années trente et eut des répercussions dans tout l'occident.

[Benny Goodman Orchestra: 1935]


Le Be-bop
Bien que le swing fut le mouvement le populaire de l'histoire du jazz, il n'en reste pas moins que ce style devint de plus en plus répétitif. Comme le succès était quasi instantané lorsqu'on sortait un tube swing, plusieurs adeptes du raffinement musical digne de l'école Backstreetnsyncbritneyen (!) créèrent des nullités qui demeuraient parfois momentanément populaires. Devant ce fort tournant pop qui sombrait dans la routine, quelques jazzmen frustrés de n'être que des machines à faire danser prirent un tournant avant-gardiste. Cette avant-garde s'attira les foudres des critiques, du public et même de Louis Armstrong qui disait que ce n'était que des accords qui ne voulaient rien dire et que l'on ne pouvait même pas danser sur cette musique. Le be-bop ou le bop se caractérisait par l'accélération du tempo et par des accentuations assez aléatoires. Le mouvement fut lancé par quelques rebelles noirs qui «jammaient» ensemble après le boulot dans des clubs new-yorkais. Au Minton, le style peu orthodoxe du pianiste Thelonious Monk et du batteur Kenny Clark attira beaucoup de jeunes jazzmen en quête de nouveauté. Charlie Christian, jeune guitariste et fondateur du bop pour son instrument, les y rejoignit un soir et s'avéra une véritable révélation. Malheureusement, cet ancien guitariste de Benny Goodman mourut trop jeune pour vivre la grande révolution du style auquel il avait contribué. C'est donc par l'entremise de ces clubs New-Yorkais que peu à peu se formait une élite qui s'amusait, grâce à son étonnante virtuosité, à repousser les limites harmoniques. Parmi cette élite se trouvait deux des plus fameux jazzmen, le saxophoniste Charlie Parker et le trompettiste Dizzy Gillespie. Les improvisations de Parker dit «Bird» resteront à jamais dans l'histoire du jazz et pourraient sans aucun doute se trouver dans le dictionnaire pour illustrer les mots éblouissant, spontané, incroyable. Voici une anecdote qui démontre bien l'extraordinaire talent de Parker. Lors de la journée précédant un concert qui devait être enregistré live, Parker déambulait dans les rues à la recherche de son vice, l'héroïne. N'ayant pas les moyens de se procurer son «fix», ce dernier vendit son saxophone ! Il s'en racheta un en vulgaire plastique, normalement destiné aux enfants. Malgré tout, personne dans la salle ne remarqua ! Parker joua beaucoup avec Gillespie, selon nous le plus spectaculaire trompettiste de l'histoire de l'humanité ! Gillespie était un farceur qui aimait bien donner des titres significatifs à ses albums tel You stole my wife, you horsethief ! Gillespie était l'incarnation de la fête et de plus livrait des solos tout à fait invraisemblables. Le bop, grâce à ses ambassadeurs new-yorkais commença à se propager dans tous les États-Unis et même en Europe à partir de 1945. C'est ce mouvement qui donna définitivement ses lettres de noblesses au jazz puisqu'il mit en évidence l'inventivité et la virtuosité dans un contexte beaucoup plus recherché que la simple danse du swing, et il fut aussi considéré comme le début du «modern jazz». Il demeura le principal mouvement jazz jusqu'à la fin des années quarante.

[Dizzy Gillespie: «le plus spectaculaire trompettiste de l'histoire de l'humanité»]

Bref
Le jazz fut donc un des grands facteurs d'amélioration de la condition noire aux États-Unis puisqu'il représentait un moyen de sortir de la misère. Le Noir de cette époque n'avait guère d'autre choix que de faire de la boxe, de jouer du jazz ou de tomber du côté obscur de la force. De plus, bien que les rapprochements furent graduels et non sans heurts, les musiciens noirs et blancs se côtoyaient et ainsi apprenaient à se respecter. D'autre part, le jazz, par ses rythmes entraînants, fit tomber beaucoup d'interdits dans une société américaine baignant toujours dans son lourd passé puritain. C'est en partie grâce au jazz que l'on peut maintenant danser sans se faire rabrouer par les autorités. Fortement inspiré de l'Afrique, mais aussi de l'Europe, le jazz est aussi la preuve que le mélange des cultures peut parfois entraîner quelque chose d'extrêmement puissant. Le jazz fut aussi la bougie d'allumage de plusieurs courants musicaux comme le rap et le rock'n'roll. C'est d'ailleurs le rock'n'roll qui le détrôna au sommet des «charts» durant les années 50.

*
Le rock'n'roll : révolution musicale, révolution adolescente

 

La naissance
Le rock'n'roll comme style musical précis des années 50 et du début des années 60 (et non le mouvement rock plus global qui comprend tous les styles musicaux qui en ont dérivé comme le folk rock, le hard rock, le rock progressif, etc.) fut la marque du changement social au sein des États-Unis, en partie créé par la rencontre de la culture afro-américaine et la culture américaine d'origine européenne. En effet, le rock'n'roll tire beaucoup de ses racines dans la musique afro-américaine à mesure que celle-ci est de plus en plus adoptée par les Blancs. C'est en effet de cette culture noire que le rock'n'roll et le rock à venir tirent leur notion de groupe musical. L'influence du blues sur les artistes country et folk anglo-américains se fait de plus en plus sentir à mesure que l'industrie du disque rend cette musique originaire du Texas plus accessible. La jeunesse américaine se lance dans des hybrides des deux styles et ajoute à sa musique les solos improvisés typiques du jazz. Ensuite arrive un élément technique majeur dans l'avènement du rock'n'roll : l'apparition de la guitare électrique. Les chanteurs blues du sud-ouest expérimentent avec cet instrument, et les premiers solos sont enregistrés en 1938 par Eddie Durham avec les «Kansas City Five and Six» mais c'est Aaron «T-Bone» Walker qui déploie en premier tout le potentiel de l'instrument électrique. Il invente l'origine de ce qui allait devenir le style guitariste de Chuck Berry. En 1938, un style précurseur du rock commence dans la musique populaire afro-américaine : le boogie-woogie. La fièvre du boogie allait devenir un phénomène interracial qui favorisa le rapprochement des deux cultures musicales et donna un aperçu de la tendance de rapprochement des deux cultures. Ensuite le rhythm and blues se développe dans la musique afro-américaine. Un style qui, comme son nom l'indique, était un dérivé du blues, plus rythmé et avec un son plus lourd. C'est le rhythm and blues qui précède immédiatement le rock'n'roll et il gagne en popularité chez les jeunes Blancs et chez les Noirs. Ce style s'est tellement rapproché du futur rock'n'roll que les chansons que l'on considère maintenant comme étant les premiers rock'n'roll étaient considérées à leur apparition comme appartenant au rhythm and bluesé L'expression rock'n'roll comme style musical n'existait pas encore. À mesure que les courants noirs de rhythm and blues se rapprochent de ce qui va devenir le rock'n'roll, le country des Blancs lui aussi évolue dans cette direction et on attribue même un grand mérite à celui que l'on considère comme l'un des précurseurs du rock : Hank Williams, chanteur country américain qui chanta, sans le savoir, des chansons que l'on pourrait considérer comme appartenant au rock. Certains qualifièrent même sa musique de rock sans batterie. En effet, plusieurs de ses chansons furent reprises par de grands chanteurs des débuts du rock'n'roll tels qu'Elvis Presley, Fats Domino, Jerry Lee Lewis, Little Richard, etc. Il annonçait le mode de vie relâché et décadent qui fera partie de l'univers futur du rock par son style de vie basé sur l'abus : d'alcool, de drogues, etc. Il s'éteint jeune, à l'âge de 29 ans, brûlé par ses abus comme le seront certaines des futures vedettes de rock. L'expression Rock And Roll fait sa première apparition en 1936, pour un enregistrement de Benny Goodman et les Boswell Sisters. Puis on retrouve le «rock» et le «roll» dans des chansons de rhythm and blues ou de boogie-woogie de la fin des années 40, ces expressions signifiant «bouger» et «rouler» avec une connotation sexuelle. Par exemple la chanson We're Gonna Rock, We're Gonna Roll de Wild Bill Moor. Alan Freed sera le premier à utiliser l'expression à la radio pour qualifier la nouvelle vague du début des années 50, période durant laquelle le rock 'n'roll apparaît officiellement. L'on qualifie de premier vrai rock'n'roll l'enregistrement de Rocket 88 en 1951 par Ike Turner. Dans cet enregistrement, la guitare avait un son trop bruyant et fuyant, dû au fait que l'amplificateur était tombé du toit de la voiture de Ike pendant qu'il se rendait au studio et que Sam Phillips le producteur avait fourré l'amplificateur de papiers chiffonnés pour stabiliser le haut-parleur! À cette époque Rocket 88 est présenté sous l'étiquette du Rhythm and Blues ainsi que d'autres hits de bluesman noirs qui seront plus tard qualifiés de rock'n'roll lorsqu'ils seront repris par des chanteurs blancs. Prenons par exemple Shake Rattle And Roll en mai 1954, interprété à l'origine par Joe Turner mais repris tout de suite par Bill Haley et son groupe. Ce dernier enregistra un tube qui resta numéro un aux États-Unis durant 8 semaines et qui fut le premier succès international du rock'n'roll : Rock Around The Clock en mai 1955 alors que le rock explosait en Amérique d'abord, puis dans le reste du monde.

[Bill Haley et les Comets: créateur du célèbre Rock Around The Clock]

Les cinq styles du rock'n'roll
Après sa naissance, l'on pouvait distinguer cinq styles différents de rock'n'roll. Le rock'n'roll des groupes du Nord, représenté principalement par Bill Haley et ses Comets, consistait principalement en une musique de danse d'un style joyeux dérivé d'un Rhythm and Blues ancien mais conservant une respectabilité de chanteurs blancs. Ensuite, il y avait le style blues dansant de la Nouvelle-Orléans, qui comprenait la musique de Fats Domino et de Little Richard. Il consistait en une musique moins rigide, plus libérée et mettait l'emphase sur le chanteur : par exemple dans le cas de Little Richard, c'est lui qui faisait le spectacle par sa fougue et ses hurlements, les musiciens ne faisant que l'accompagner. Un troisième style, celui dont a fait partie Elvis Presley, nommé rockabilly, était la rencontre entre le hillbilly et le rock'n'roll. Il consistait en une alternance de chansons plus lentes, plus country et de chansons plus dansantes ressemblant un peu au blues de danse de la Nouvelle-Orléans mais en accordant encore plus d'effet à la voix du chanteur. Le contenu des paroles était beaucoup plus personnel que les paroles des groupes du Nord et faisait ainsi ressortir plus encore l'individualisme du chanteur. Ce fut le style de rock'n'roll le plus populaire et le plus rentable et donc celui qui eut la plus grande influence sur le rock à venir. Le rhythm and blues de Chicago fut le style musical qui s'en rapprocha le plus, mais chanté par des Noirs. Le fameux Chuck Berry était son plus populaire représentant avec des hits comme Maybellenne en 1955 et Johnny B. Goode. Ce style regroupa les chanteurs noirs désireux de faire carrière avec le blues. Ils se rendaient à Chicago pour avoir une meilleure chance de percer puisque des grands de la musique noire, en l'occurrence Muddy Waters et Howling Wolf, s'y étaient établis pour y faire grandir le blues des bars. Le cinquième style de rock'n'roll était celui des groupes vocaux, groupes de chanteurs réputés pour leurs contre-chants accompagnés (ou pas) par un strict minimum d'instruments de base. On y retrouve the Teenagers, les Crows et les Platters.

Le rock'n'roll dans la société : une influence réciproque
Le rock'n'roll n'aurait pas eu la même popularité et ne serait probablement pas venu au monde sans d'importants phénomènes sociaux aux États-Unis après la deuxième guerre mondiale. En effet, le rock'n'roll est la réponse culturelle aux demandes des jeunes de l'époque. La période d'après-guerre apporta un profond désir de s'adonner aux plaisirs fous, de s'amuser et de danser chez les adolescents, en comparaison de la génération adulte plus sérieuse et orthodoxe. C'est dans cette période que l'on voit apparaître pour la première fois la culture adolescente avec un pouvoir de consommation qu'il devient graduellement impossible de négliger. Il faut savoir que la musique de la culture noire à cette époque aux États-Unis était beaucoup plus rythmique et moins réglementée que la musique country ou western des Blancs et donc, à mesure que l'industrie du disque de la musique noire destinée aux Noirs grandissait, (à l'échelle nationale la clientèle noire n'existait pas avant la guerre), il est normal que la jeunesse blanche de l'époque se soit intéressée à cette musique qui contredisait la société de l'époque.Le seul fait de s'intéresser à de la musique de Noirs paraissait malsain surtout pour les gens du Sud. Ainsi seulement de petites firmes indépendantes enregistraient de la musique jouée par des Noirs ; les grandes firmes, elles, s'en tenaient à ce qui était accepté socialement, les chansons d'amour, mélodramatiques, et les classiques country ou western pour la musique de variété. Cette musique blanche traditionnelle ne pouvait pas convenir à la nouvelle fougue de la jeunesse désirant des styles plus dansants. Mais les firmes indépendantes étaient loin de faire la promotion des Noirs, beaucoup de succès Rhythm and Blues écrits et interprétés originalement par des Noirs étaient repris par des chanteurs blancs avant d'être diffusés sur les rares radios diffusant du Rhythm and Blues. Même que l'expression rock'n'roll a été originairement utilisée dans l'industrie du disque et à la radio pour désigner un Rhythm And Blues destiné aux Blancs : il fallait faire une distinction entre la musique pour Blancs et la musique pour Noirs. De plus, nombreuses ont été les modifications des chansons originales écrites par des Noirs avec des allusions sexuelles bien souvent perçues de façon humoristique par la communauté noire, mais considérées comme vulgaires et offensantes par la communauté blanche américaine. Les paroles devaient parfois être presque toutes changées pour que les stations de radio acceptent de les jouer et même là, l'ASCAP (The American Society of Composers, Authors and Publishers) faisait pression sur elles pour qu'elles ne passent pas ces chansons. Dans la première moitié des années 50 commencèrent à apparaître des films sur les adolescents, dont certains sur le conflit des générations tels que : L'Équipée Sauvage en 1954 et La Fureur de vivre en 1955. Ces films font usage de mots d'argot noir, mais il faut attendre Graine de Violence en 1956 pour que le rock'n'roll s'associe avec ces films de révolte juvénile. La bande sonore de ce film contient le Rock Around the Clock de Bill Haley pour exprimer ainsi le rejet de la musique traditionnelle des Blancs. La société en général et les grandes firmes de l'industrie musicale sont dérangées par l'accroissement de popularité du rock'n'roll. Elles lui reprochent de diffuser des messages à caractère sexuel, de promouvoir le dénigrement de l'autorité et d'être chanté par des Noirs ou des Blancs imitant des Noirs. Le Sud des États-Unis est particulièrement dérangé par cette dernière réalité, et tente même d'interdire le rock'n'roll l'accusant de faire partie d'un complot de la NAACP , une organisation antiraciste tentant, croyait-on, de corrompre la jeunesse blanche du Sud avec cette musique. Il en va même jusqu'à l'agression de Nat «King» Cole, un chanteur noir qui ne chantait même pas de rock'n'roll pendant qu'il était sur scène par des membres du «White Citizen's Concil». C'est donc dans la désapprobation que le rock'n'roll entre dans son «âge d'or». Cette période peut se résumer dans l'impact fulgurant de la carrière du «King» du rock'n'roll : Elvis Presley. Ce dernier eut un impact important sur la société américaine surtout par sa personnalité surprenante plutôt par son style musical. Il donnait volontairement au rock'n'roll une image malsaine à laquelle la jeunesse avide de révolte s'est attachée facilement. Il provoquait si bien par ses déhanchements, ses insinuations sexuelles, que les caméramans ne le filmaient qu'à partir de la taille en montant! Il devint l'idole parfaite de la jeunesse et par sa voix établit une relation d'apparente familiarité avec ses fans. La jeunesse l'utilisa comme symbole du rock'n'roll, de la révolte contre la génération adulte. Mais bientôt Elvis se désintéressa de la musique et accentua l'aspect commercial de sa carrière. Sous les conseils du colonel Parker, un homme d'affaires, il s'engagea dans une carrière de cinéma hollywoodien. Il participa à des productions de films navets, dans lesquels il joue presque toujours le même rôle, celui d'un jeune un peu rebelle qui chante quelques chansons rock'n'roll. Il ne met pas en valeur son véritable talent de comédien, l'aspect commercial l'emportant sur la production artistique. Sa seule apparition rend les films rentables. La fin de sa carrière dans la quasi-déchéance donna un aperçu de l'attitude de négligence tant sociale que personnelle qui caractérisera des futurs rockers et leur style décadent.

 

 

[Elvis Presley, des années 50 aux années 70...: le commerce l'emporte sur l'art.]

Bref
Le rock'n'roll représente donc un mouvement social américain chez les jeunes d'après-guerre et découle musicalement de la croissance des interactions entre les Blancs et les Noirs au milieu du 20ème siècle. Le rock'n'roll américain inspire aussi le monde de la musique sur le plan international, et engendre le vaste domaine du rock, un monde en soi, nommé ainsi justement en reconnaissance du rock'n'roll qui existe encore aujourd'hui. De lui a surgi une multitude de styles connexes dont le très important blues anglais des Rolling Stones et le phénomène des Beatles, deux groupes britanniques qui avouent avoir été influencés par des grands comme Elvis, et autres personnages importants de la musique américaine. La période de la contre-culture, par l'entremise de ses plus grands artistes, est directement issue du style développé par le rock'n'roll.

 

*


Le monde musical américain des sixties :
l'avènement de la contre-culture

 

L'agent Bob Dylan
Avant même que la période du rock'n'roll d'Elvis et compagnie ne s'estompe, un agent important dans la production musicale américaine et son influence sur la scène internationale, enregistrait son premier album folk. Son nom est Dylan, Bob Dylan. Au début de sa carrière Bob Dylan s'adonne au folk pour la simple et bonne raison qu'il veut se faire entendre et le folk était un style accessible qui ne lui causait pas de problèmes techniques, étant donné la simplicité musicale de ce style. Son premier album s'apparente aux autres albums de folk et seulement deux des chansons sont de lui. Mais en 1962 arriva un magazine dénommé Broadside qui annonçait vouloir publier les paroles des meilleures chansons folk récentes. Bob Dylan fut motivé par ce magazine, car il se voulait poète désireux de transmettre ses messages au plus grand nombre de gens. Il se démarqua immédiatement de ses pairs par l'expressivité des paroles de ses chansons. À l'époque de la musique dite populaire dont le folk faisait partie, le but de la plupart des artistes était de devenir connu et de vendre des albums. En conséquence, les paroles étaient souvent plus accrocheuses et faciles. Dylan voulait crier à travers ses chansons, ses idées politiques, ses fantasmes, ses idéaux. Ses messages reflétaient bien l'atmosphère de cette époque et donc beaucoup se sentirent touchés par les chansons de Bob. En 1962 Bob Dylan fit une tournée en Angleterre et se fit connaître du peuple anglais qui fût très influencé par ses chansons, surtout par les paroles qui ont un sens politique et personnel. Dylan aura son premier succès avec «Like a Rolling Stone» en 1966. Il continuera d'influencer les futurs chanteurs folk et rock à mesure que son style évoluera vers le «folk-rock». Il serait facile de parler très longuement du reste de la carrière de Bob Dylan, mais l'aspect de sa carrière qui était le plus intéressent ici était l'influence qu'il a eue en Angleterre avant l'invasion britannique. Mais l'agent Dylan devrait refaire surface à l'occasion dans ce qui va suivre.

[Bob Dylan: agent incontournable de la transition musicale des années 60...]

 

L'invasion britannique : la réaction américaine
À partir de 1964 le marché américain fut envahi par la musique britannique en commençant par les Beatles et les Rolling Stones, pour ne nommer que les plus importants. La réaction de l'industrie du disque américaine fût très différente entre New York et la côte Ouest. À New York l'impact est désastreux, surtout pour les firmes indépendantes qui faisaient la majeure partie de leurs profits avec les groupes rock qui étaient maintenant éclipsés par les groupes britanniques. Les grandes firmes elles aussi prises au dépourvu, et incapables de compenser leurs pertes par leurs propres artistes, ont plutôt essayé de sauver leur peau en tentant d'obtenir les droits sur les disques anglais et de les offrir sous licence. Mais ce procédé était risqué, des firmes indépendants survivantes pouvant distribuer les disques avant elles. Sur la côte Ouest la tactique fut toute autre, l'industrie se mit à créer des groupes à l'image des groupes britanniques pour leur faire concurrence, ou du moins s'accaparer une part locale du marché. Parmi ces groupes mentionons : les Monkees, copie des Beatles, Paul Rever et les Raiders, copie des Rolling Stones, Gary Lewis et les Playboys, copie des Hollies, et les Electric Prunes, copie des YardBirds. Les seuls groupes qui ne copiaient pas les styles anglais étaient ceux qui s'inspiraient du «folk-rock» de Bob Dylan mais ils n'eurent pas un aussi grand succès commercial que les simulacres britanniques.

La contre-culture : apports américains
Alors que l'usage des drogues douces se répandait sur le continent américain en remplaçant l'alcool comme activité sociale, et que les drogues plus dures comme le LSD inspirèrent plusieurs musiciens, des groupes américains influents sont sortis de l'ombre. Parmi ceux-ci notons les Doors, et plus particulièrement son chanteur Jim Morrison. Ils ont signé avec la firme indépendante Elektra dont la philosophie était de laisser libre arbitre à ses artistes et de ne pas intervenir dans leur séance d'enregistrement. Les Doors donnaient un son blues à leur musique avec des improvisations inspirées du jazz, et le style vocal de Morrison s'inspirait du folk. Jim Morrison s'est aussi inspiré du théâtre et du cinéma pour ses métaphores. L'on peut regrouper le répertoire des Doors en trois styles d'oeuvres : plus conventionnels du style «come-on» comme Light My Fire, des atmosphères plutôt maussades comme dans The End, et des chansons pop inusitées dans le style de Break on Through. Mais ce qui a le plus marqué dans la musique de ce groupe fut surtout l'attitude provocatrice de Jim Morrison sur scène. Ses performances constituaient un modèle parfait de la contre-culture, qui ne fait pas qu'arrêter de cacher la sexualité mais l'affiche de la façon la plus crue et suggestive possible. La jeunesse s'est ralliée aux côtés de Jim contre la génération des plus de 25 ans, contre l'autorité à mesure que la police l'arrêtait de façon répétitive et surveillait tous ses faits et gestes. Le groupe disparut avec le mort de Morrison le 3 juillet 1971.

[Jim Morrisson: l'icône par excellence de la contre-culture]

[origine de l'illustration: ici]

Un autre groupe, Big Brother and the Holding Compagny a lui aussi innové par son côté psychédélique et surtout par sa chanteuse au style blues, la meilleure voix du rock : Janis Joplin. Elle aussi, suivant les tendances de la contre-culture, se démenait sur scène et bougeait de façon suggestive. Elle fut la première femme à ne pas cacher qu'il y avait un lien entre les paroles de ses chansons à caractère sexuel et ses propres désirs. Même si certaines chanteuses des années 20 n'avaient pas caché leur appétit sexuel, la presse ne couvrait pas tous leurs faits et gestes comme cela a été le cas pour Janis. Sa vie à elle aussi dégénéra, passant de l'abus de drogue à l'abus d'alcool et aux relations sans intérêts, mais elle fit preuve aussi d'un grande innovation musicale, surtout à la fin de sa vie où elle a fait carrière solo. Elle finit par s'éteindre d'une overdose d'héroïne en octobre 1970. Finalement arrêtons-nous sur un autre exemple de la création musicale américaine de l'époque de la contre-culture : Jimi Hendrix. Cet Afro-Américain révolutionna tout l'univers de la guitare électrique, inventant de nouvelles façons d'en jouer et maîtrisant si bien son instrument qu'il pouvait le combiner à ses talents d'homme de spectacle. Ce qui donna des prestations inoubliables dans lesquelles il joua de la guitare avec ses dents, derrière son dos ou encore pendant qu'elle est en feu. Mais il faut aussi considérer ses talents d'auteur et de chanteur qui sont souvent éclipsés par ses dons de virtuose en tant que guitariste.

Bref
Même si du côté musical, les sixties ont été beaucoup influencées par les apports britanniques et qu'elles contiennent une part de copiage de la part des Américains, il y eut aussi un apport original important, surtout sur le plan de la libération expressive dans le cadre de la contre-culture par des artistes influents comme Bob Dylan, les Doors, Janis Joplin et Jimi Hendrix. De plus ces grandes figures de la musique américaine ont aussi marqué la musique à venir au même titre que les groupes britanniques. Il serait donc injuste de qualifier de copiée et de médiocre la musique américaine de cette époque.

 

*

Conclusion

 

Bref, au cours de ce périple dans le monde magique de la musique américaine, il apparaît assez évident que les Américains ont su tirer leur épingle du jeu, allant même jusqu'à créer une musique totalement neuve et originale. Le jazz et le rock'n'roll sont bien sûr d'excellents exemples. La grande domination des artistes américains dans le jazz et le rock'n'roll est aussi une preuve que les Américains n'ont pas seulement parti le genre mais ont aussi su le faire évoluer. De plus, malgré l'invasion britannique des années 60, les Américains ont toujours su maintenir une étroite relation avec leurs muses et sont donc restés au sommet de leur art. Bien sûr, les sixties nous font penser aux Beatles et au début de Pink Floyd, mais aussi au grand Jimi, à la charmante Janis et aux incroyables frasques de Jim Morrisson et de ses Doors. Il découle aussi de ce travail que le mélange des cultures a évidemment été le point de départ de cette nouvelle civilisation que sont les États-Unis. Le jazz, le blues et le rock'n'roll sont tous trois étroitement liés à un phénomène de mélange culturel. La musique a puisé aussi ses sources dans la société elle-même; sur la scène musicale américaine, les laissés-pour-compte ont pu détenir le crachoir l'espace d'un instant. Effectivement, la musique a aussi servi la jeunesse lors des années cinquante où les interdits ont commencé à être levés sur plusieurs choses, ne serait-ce que le droit de danser. La musique n'a pas seulement servi à faire danser mais bien à faire tomber les barrières morales d'une civilisation encore marquée par le puritanisme anglais. L'avènement des styles au travers des époques ne relève pas du hasard et témoigne bien de l'importance historique des États-Unis dans l'évolution de la musique. Nous croyons donc avoir démontré la pertinence de la musique américaine, en retraçant ses grandes périodes, en analysant ses grands artistes et en démontrant l'influence qu'elle a eue et continue d'avoir sur la musique mondiale, ou tout au moins occidentale.

 

 

Résumé Synthèse

Les États-Unis ont-ils vraiment créé quelques chose de nouveau en matière musicale? La réponse est un énorme oui ! Ils ont en premier lieu créé une musique tout à fait originale au tout début du denier siècle, le jazz. Ils ont su en faire évoluer le style et ont toujours été à l'avant scène de cette musique maintenant reconnue internationalement. Ensuite, au début des années cinquante, la révolution rock'n'roll a pris d'assaut le monde entier. Les Américains sont encore une fois les principaux fondateurs de cette musique libertaire. Et encore, durant les années soixante, malgré l'invasion britannique, les États-Unis ont toujours gardé une grande influence dans la musique, ne serait-ce que par Bob Dylan, Jimi Hendrix et The Doors qui ont su se démarquer des autres et repousser les limites musicales un peu plus loin. D'autre part, la musique a aussi joué un rôle social important puisqu'elle a su influencer la société et faire évoluer les mentalités.


Bibliographie

Section jazz

BERGEROT, Franck et Arnaud Merlin. L'épopée du jazz. France. Gallimard. 1999. vol 1. 160 p.

BERGEROT, Franck et Arnaud Merlin. L'épopée du jazz. France. Gallimard. 1999. vol 2. 160 p.

FORDHAM, John. Jazz. Canada. Hurtubise HMH. 1995. 216 p.

CARR, Roy. La légende du jazz. France. Larousse.1998.255 p.

ADLER, Philippe et Pierre de Chocqueuse. Passeport pour le jazz. France. Balland. 1998. 410 p.

RODRIGUEZ, Christophe. Les grands noms du jazz. Québec. Édition de l'homme. 2001. 255 p.

KOECHLIN, Stéphane. Le Rock. France. Hachette.1996. 79 p.

All Music Guide : http://www.allmusic.com/

 

Section rock'n'roll

GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 1. Paris. Albin-Michel. 1982. 292 p.

GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 2. Paris. Albin-Michel. 1982. 300 p.

BARSAMIAN, Jacques et François Jouffa. L'âge d'or du rock'n'roll. France. Michel Lafon. 1994. 255 p.

MILLER, Jim. The rolling stone illustrated : History of rock'n'roll. Random house/Rolling stone press book. USA. 1980. 474 p.

Origines du Rock: http://www.multimania.com/rocktribu/historigines.html

A Brief History of Banned Music in the United States: http://ericnuzum.com/banned/

All Music Guide : http://www.allmusic.com/

Section sixties
All Music Guide : http://www.allmusic.com/
GILLETT, Charlie. Histoire du rock'n'roll volume 2. Paris. Albin-Michel. 1982. 300 p.
The rolling stone : http://www.rollingstone.com

 


Références détaillées

Section jazz

Pour ce qui a trait au jazz, nous nous sommes basés principalement sur L'épopée du jazz. Nous avons lu le livre en entier. Nous avons ensuite vérifié nos dires à l'aide de La légende du jazz ainsi que du livre Jazz qui comportait essentiellement les mêmes informations que L'épopée du jazz. Pour les repères chronologiques, le livre Jazz possède une brève chronologie en forme de ligne du temps qui s'est avérée très utile à notre travail. Le site web de All Music Guide et le livre Les grands noms du jazz nous ont été utiles pour les définitions et pour avoir de l'information personnelle sur certains jazzmen. Finalement, pour agrémenter la recherche de quelques anecdotes, nous avons pigé dans La légende du jazz , qui en comportent énormément et toutes plus croustillantes les unes que les autres. Finalement, le livre Passeport pour le jazz nous a été utile pour quelques informations disparates et aussi pour parfaire nos connaissances des enregistrements du jazz.

 

Section Rock'n'Roll

Dans cette section, nous avons principalement utilisé l' History of Rock & Roll de Jim Miller pour retracer les étapes importantes de la naissance du style par ses racines, mais nous avons aussi pris de l'information venant de L'âge d'Or du Rock'n'Roll en ce qui a trait à l'influence du chanteur country Hank Williams et de l'avènement du Rock Around The Clock de Bill Haley.
Nous avons ensuite utilisé Histoire du Rock'n'Roll , tome 1 de Charlie Gillet pour décrire les cinq styles de rock'n'roll. Ce même titre en collaboration avec le site internet Origines du Rock a été utilisé pour la première partie du Rock & Roll dans la société. La deuxième partie : celle qui traite d'Elvis a plutôt puisé son information dans l' History of Rock & Roll de Jim Miller.

 

Section Sixties

Cette section fût complétée à l'aide de l' Histoire du Rock'n'Roll , tome 2 : L'Apogée de Charlie Gillet, pour la majeure partie sur l'agent Bob Dylan et pour la partie concernant la réaction américaine face à l'invasion britannique. L'autre documentation utilisée pour compléter l'information sur Bob Dylan a été prise sur le site internet de allmusic.com . Ce même site a servi pour les biographies de la section des apports américains à la contre-culture avec l'aide de l' Histoire du Rock'n'Roll ,tome 2 : L'Apogée ainsi que le site du Rolling Stone Magazine.


 

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