Capsules historiques

  • Au cours des toutes premières années de son existence, le Cégep Ahuntsic donnera une partie de son enseignement dans l’ancien Collège Saint-Ignace, cet externat classique auquel il succéda en 1967.  Les cours dispensés dans cet édifice, situé au 1700 du boulevard Henri-Bourassa Est, s’adressaient notamment aux élèves qui avaient déjà entrepris chez les pères jésuites des études menant au baccalauréat ès arts, un diplôme universitaire équivalant à l’époque à huit ans de scolarité.

  • En août 1974, le Cégep Ahuntsic signait une entente avec le Collège Manitou, un centre communautaire situé à La Macaza et voué, durant les quelques années de son existence (de 1973 à 1976), à la sauvegarde de la culture autochtone. L’engagement du Cégep consistait notamment à exercer un droit de regard sur l’ensemble des activités pédagogiques du projet. Les Amérindiens francophones (à l’époque, 40 % de toute la population aborigène du Québec), en s’inscrivant à de tels cours (l’enseignement de la langue mohawk, par exemple), pouvaient obtenir un DEC dans leurs disciplines respectives.

  • À la fin des années soixante, un esprit de revendication planait visiblement sur le Québec.  À cette même époque, l’arrivée au Cégep Ahuntsic d’un nouveau groupe d’élèves portant des uniformes ornés de matraques et d’armes à feu allait susciter de vives réactions au sein de notre établissement : « Le 29 septembre débutaient les cours que le Collège offre cette année à environ 700 policiers de la Ville de Montréal.  Il va sans dire que ceci a eu pour effet de créer quelque émoi chez certains de nos contestataires » (Caïn, octobre 1969, p. 5).

  • C’est lors d’une cérémonie tenue le 25 novembre 1969 que le collège Ahuntsic décernait ses premiers DEC d’enseignement général (31 en sciences humaines, 19 en lettres, 11 en sciences pures et appliquées, 7 en sciences de la santé et 3 en sciences de l’administration).  À cette même occasion, il remettait également leurs diplômes aux élèves de la toute dernière promotion de l’Institut de technologie Laval, l’un des établissements auxquels notre cégep a succédé.

  • Dans un rapport sur l’état de la langue française au Collège Ahuntsic, on constatait notamment que l’oral l’emportait nettement sur l’écrit, qu’il y avait en moyenne une faute tous les huit mots dans la dictée soumise et que, dans de telles conditions, l’enseignement des genres littéraires devenait une pure perte de temps.  Cette enquête menée auprès des élèves remonte à 1969.

  • Entre autres activités culturelles, le Collège Ahuntsic offrait en 1970 des cours d’art dramatique dispensés par le célèbre metteur en scène André Brassard. Par ailleurs, un mannequin professionnel donnait ici des cours de maintien corporel, auxquels près de deux cents jeunes filles étaient inscrites.

  • Le Salon international de l’automobile de Montréal de 1971 aura permis au collège Ahuntsic de faire valoir auprès du grand public la qualité de ses activités socioculturelles étudiantes. Les responsables de l’événement ayant en effet remarqué l’excellence d’un défilé de mode présenté quelques semaines plus tôt à notre cégep par une trentaine de nos élèves, il fut convenu d’offrir quotidiennement le spectacle en question dans le cadre de ce rendez-vous annuel, qui avait lieu à la Place Bonaventure du 14 au 24 janvier 1971. L’année précédente, en février 1970, notre coopérative avait mis sur pied une démonstration semblable pour marquer la réouverture de sa boutique de vêtements et lancer sa collection printemps-été.

  • Le Collège Ahuntsic était en 1967-1968 le seul cégep de la région de Montréal à donner un cours d’informatique (analyste-programmeur).  Doté d’un ordinateur IBM 1130 et d’un équipement périphérique approprié, le centre de traitement des données de l’époque servait à des fins strictement éducatives.  Le Département d’informatique avait alors à sa tête Guy Mollenthiel, un véritable précurseur dans le domaine grâce à qui notre établissement peut aujourd’hui s’enorgueillir de la qualité de l’enseignement dispensé dans cette discipline.

  • Richard C. Dolan aura été directeur de l’Institut de technologie Laval durant toute l’existence de l’établissement, de sa fondation en 1960 jusqu’à son intégration au Collège Ahuntsic en 1967, année de la création des premiers cégeps.  Dans une lettre datée du 30 décembre 1963, il déplorait le fait qu’il y ait tant d’accidents dans le gymnase et proposait comme solution au problème d’engager un professeur de culture physique, en remplacement des simples élèves agissant alors comme responsables des activités.

  • En 1975, le conditionnement physique faisait partie de l’horaire de travail de la direction des services pédagogiques du Collège Ahuntsic.  Considérant le « jogging » comme une forme de perfectionnement, cette unité administrative autorisait en effet les membres de son personnel de soutien à pratiquer une telle activité, tous les lundis et vendredis, entre 16 h 30 et 17 h 30.

  • Probablement la plus importante initiative étudiante du genre dans les années soixante, la station de radio I.T.L.M. de l’Institut de technologie Laval, l’un des établissements auxquels le collège Ahuntsic a succédé, diffusait ses émissions à raison de deux heures par jour (de 7 h 30 à 8 h 15 et de midi à 13 h 15). Il était généralement de mise alors d’emprunter les disques de marchands pour les enregistrer sur bande magnétique. L’équipe responsable, élue par les membres de l’association étudiante, procédait au début de chaque année à une enquête visant à mieux connaitre les goûts des élèves.
  • À ses débuts, en 1967, le Collège Ahuntsic utilisait une fiche d’admission qui, mis à part les différents éléments d’information d’usage, comportait toute une série de renseignements passablement détaillés sur les élèves :scolarité et état de santé des parents, appréciation du climat familial, montant reçu hebdomadairement comme argent de poche, maintien de rapports d’amitié avec des personnes de l’autre sexe, titre du dernier livre lu, etc.

  • À la fin des années 50, Paul Sauvé, alors ministre du Bien-être social et de la Jeunesse, envisageait de construire là où se trouve aujourd’hui le Collège Ahuntsic et sur les terrains avoisinants une « Cité des études techniques », un projet qui aurait compris les établissements suivants : l’École de métiers de Montréal – section nord, le Patronage Jean-le-Prévost, l’Institut Dominique-Savio, un centre sportif, une autre école de l’enseignement spécialisé et une annexe à l’École des arts graphiques.

  • Dans une pétition datant de 1966, les professeurs de l’Institut de technologie Laval, l’un des établissements auxquels le Collège Ahuntsic a succédé, se plaignaient de devoir attendre en ligne jusqu’à une demi-heure avant de pouvoir manger à la cafétéria.  Leurs revendications se voulaient claires : la direction devait confier à des élèves la tâche de les servir aux tables, comme cela se faisait dans d’autres endroits desservis aussi par le département de cuisine de l’École des métiers commerciaux.  Ce n’est qu’en 1968-1969, un an après la création de notre cégep, que le service alimentaire relèvera de l’entreprise privée (Cordner, Hubert et Bond ltée avait alors obtenu le contrat à cet effet).

  • L’école d’arts et métiers de Montréal – Section nord, l’un des établissements auxquels a succédé l’Institut de technologie Laval, puis le Collège Ahuntsic comme tel, déplorait le fait qu’il y ait tant d’accidents dans son atelier de mécanique d’ajustage, un local où le manque d’espace obligeait à disposer la machinerie tant bien que mal et où l’aération comme l’éclairage laissaient fort à désirer.  En 1956-57, l’École connaitra une année record en termes de blessures subies par les élèves : plus de 500, dont 19 graves.

  • Avant 1962, il n’y avait aucune jeune fille d’inscrite à des cours réguliers dans les établissements d’enseignement spécialisé auxquels le Collège Ahuntsic a succédé (l’Institut de technologie Laval, l’École d’arts et métiers de Montréal – section nord, et l’École d’arts et métiers Octave-Cassegrain).  Dans son rapport statistique remis cette année-là au Ministère, l’I.T.L. soulignait que ses cinq premières élèves avaient toutes choisi la chimie-biologie.  Selon la même source, les femmes représentaient à l’époque 5 % de leur personnel.

  • Dans un discours prononcé en novembre 1974 à l’occasion du lancement de la troisième édition d’Expo-Carrières (une activité annuelle organisée par le Collège Ahuntsic à l’intention notamment des professeurs, des élèves et des chefs d’entreprises), le directeur général Roger Lafleur rappelait que 70% de notre clientèle étudiante était alors inscrite à l’enseignement professionnel, un phénomène observable nulle part ailleurs qui correspondait exactement aux données du rapport Parent sur la clientèle idéale d’un collège.