Isabelle Guimond

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Fiche technique de l’œuvre

GUIMOND, Isabelle (née en 1980). 12 dessins réalisés en 2017 et 2018, impression au jet d’encre sur papier, 53,35 x 53,35 cm (21 x 21 po) chacun encadré, mur de 308 x 582 cm, Collège Ahuntsic, Montréal (Québec), Canada.


Fiche technique de chaque dessin

Plan de l'oeuvre d'Isabelle Guimond

Plan d’accrochage des 12 dessins, numérotés de gauche à droite et de bas en haut.

1.
Une chambre à soi (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

2.
Faire vivre un désir (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

3.
Collage numérique. Sans titre (1/3), 2017, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

4.
Mercredi 23 août 2017 2017 (3/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

5.
Vendredi 1er septembre 2017 (3/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré

6.
Sans titre (hommage à Daniel Clowes) (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

7.
Collage numérique. Sans titre (1/3), 2017, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

8.
Lundi 17 juillet 2017 (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

9.
Jeudi 14 décembre 2017 (2/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

10.
Esthétique de la ruine (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

11.
Fragile joie quotidienne (1/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.

12.
Les hangars magiques de Lyon (3/3), 2018, impression au jet d’encre sur papier, 45,7 x 45,7 cm non encadré.


Biographie

Isabelle Guimond pratique la peinture, le dessin et l’installation. Elle détient un baccalauréat (2008) ainsi qu’une maîtrise (2014) en Arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle contribue à des expositions individuelles et collectives en Amérique du Nord et en France depuis 2014.

Impliquée dans le milieu de l’art, elle participe à des résidences de recherche et de création, elle enseigne la peinture et le dessin, elle s’investit également dans le Réseau d’art actuel et collabore avec d’autres artistes dont le collectif Filles debouttes! (avec Christine Major et Gabrielle Lajoie-Bergeron). Elle a reçu le Prix Sylvie et Simon Blais de la relève en arts visuels en 2014 et, depuis 2018, elle est représentée par la Galerie Simon Blais à Montréal.

 

Sur l’œuvre

Le Comité d’acquisition d’œuvres d’art du Collège Ahuntsic a choisi ces 12 dessins à l’hiver 2020. La plupart d’entre eux font partie du projet artistique intitulé Un dessin tous les jours, débuté le 1er septembre 2016, à travers lequel Isabelle Guimond mettait en ligne, chaque jour, un dessin sur les plateformes Instagram et Tumblr. Bien qu’elle ait mis un terme à ce projet à la fin de décembre 2017, l’artiste a poursuivi sa pratique de création et de nouveaux dessins se sont joints à cet ensemble, car ils développaient des affinités conceptuelles avec le projet initial. Afin de les distinguer, elle n’intègre plus les dates dans les titres et crée un nouvel ensemble nommé Combler les vides.

Les dessins

Un dessin tous les jours est né d’un concours de circonstances. En 2016, l’artiste a reçu des photographies familiales, et un accident l’empêchant de travailler debout, face à son chevalet, l’a conduite à remplacer la peinture par le dessin sur tablette numérique et à examiner ces images.

D’un point de vue créatif, l’artiste explique qu’à l’aide de son outil numérique, elle commence par dessiner à la main sur les photos personnelles pour se les approprier, soulignant les contours, créant des palettes de textures qu’elle intègre à l’image, etc. Puis, elle photographie ce dessin dans lequel elle ajoute des fragments d’images qui peuvent être personnelles ou bien avoir été collectées ailleurs au fil des années, à l’extérieur de l’atelier. L’œuvre est créée pour être vue numériquement dans cette expérience quotidienne avec une mise en ligne à heure fixe afin de créer un rendez-vous avec le spectateur. Mais dès leur conception, Isabelle Guimond imagine aussi les dessins imprimés, afin de poursuivre l’expérience de l’image dans d’autres lieux, et ainsi, dans ce nouveau contexte, ralentir le temps de leur exploration avec les nombreux détails qu’ils renferment. Cette vision s’est concrétisée dans le cadre d’expositions à la Galerie Outremont (2017), à la Galerie Simon Blais (2019) ou au Collège Ahuntsic (depuis 2020).

Chaque dessin terminé, imprimé ou non, ressemble à un collage numérique, mélangeant des gestes manuels, du texte et des fragments d’images de plusieurs sources, en couleurs ou en noir et blanc, et créant des superpositions, des transparences, des opacités dans ce mélange.

Bien que chaque dessin fasse partie d’un projet plus large, Isabelle Guimond ne les perçoit pas comme des portions d’un récit unique. Elle les a conçus indépendamment les uns des autres et c’est en les mettant en ligne qu’elle les a revus les uns par rapport aux autres, sans toutefois les retoucher. Bien entendu, ils développent des liens. On peut y reconnaître des ressemblances techniques, formelles, chromatiques, gestuelles, thématiques, conceptuelles, etc., comme la juxtaposition de plusieurs des 12 dessins du Collège permet de le constater.

Les œuvres d’Un dessin tous les jours et de Combler les vides parlent plus globalement du temps et de la mémoire. Elles racontent. En travaillant sur ses photographies familiales, Isabelle Guimond se réapproprie son histoire tout en se questionnant sur les effets de ses manipulations : ne créent-elles pas des souvenirs au lieu de les réactiver? Et l’ajout d’éléments externes à sa propre histoire fait basculer les moments racontés dans de l’autofiction, qui quittent alors la biographie pour s’évader vers un ailleurs qui intègre le spectateur.

L’exposition

Les 12 dessins exposés ont été sélectionnés par les membres du comité parmi un lot plus volumineux. L’accrochage de 12 dessins dans le lieu d’accueil, également choisi par le comité, a immédiatement soulevé des questions, car leur juxtaposition sur le mur allait influencer la lecture du spectateur, qui découvrirait les dessins les uns avec les autres. Comment faire? Était-il préférable de les présenter en ordre chronologique? En bandeau, l’un à côté de l’autre? Ou encore de façon aléatoire sur le mur? Comment choisir? Beaucoup de questions ont surgi, si bien que les membres du comité ont demandé à l’artiste de proposer un accrochage pour ce lieu au Collège Ahuntsic, laissant la porte ouverte à de nouvelles associations pour d’autres accrochages, ailleurs. L’acte de création de l’artiste s’est ainsi poursuivi dans la mise en espace, Isabelle Guimond a très généreusement revu ses dessins et en a réunis ou isolés certains, comme les espaces entre les cadres le suggèrent.

L’œuvre exposée n’est pas à percevoir comme un récit de bande dessinée où, par exemple, les cadres remplaceraient les cases et constitueraient par leur accrochage une seule histoire, et où l’imagination du lecteur se situerait surtout dans les ellipses constituées par les entrecases. Au contraire, Isabelle Guimond perçoit chaque dessin comme un récit à lui seul, dans lequel elle condense tout ce qu’elle souhaite exprimer. Les rapprochements qu’elle a créés entre les œuvres engagent davantage le regard et la réflexion du spectateur. Alors, regardez et créez des histoires et des souvenirs!