Richard Purdy

Abcdefghijklmnopqrstuvwxy… de Richard Purdy

Fiche technique

PURDY, Richard (né en 1953). Abcdefghijklmnopqrstuvwxy…, 1994, réactualisée en 2018, murale en métal et aluminium, 472 x 1789 cm (chaque panneau : 365 x 884 cm et 365 x 600 cm), Collège Ahuntsic, Montréal (Québec), Canada.

Biographie

Artiste multidisciplinaire, Richard Purdy obtient un baccalauréat en Beaux-Arts au Nova Scotia College of Art and Design à Halifax (NB) en 1975, puis une maîtrise à l’Istutito Universitario Europeo, à la Villa Schifanoia Badia Fiesolana à Florence, en Italie. En 2001, il obtient un Ph. D. en Études et pratiques des arts de l’Université du Québec à Montréal. Il participe à diverses interventions artistiques et à des expositions individuelles et collectives depuis 1975, principalement au Canada et en Australie.

Au cours de sa carrière, il a réalisé plusieurs œuvres publiques, dont un relief mural au Collège Ahuntsic, en 1994, dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement (communément appelée le 1%), lors des rénovations du bâtiment C, le Pavillon Saint-Ignace.

Pour le détail des nombreuses activités de l’artiste, consulter son site web : www.richardpurdy.ca

Pour d’autres œuvres publiques de Richard Purdy à Montréal, consulter la base de données du projet Art public Montréal, initiative du Service de la culture de la Ville de Montréal : https://artpublicmontreal.ca/

  

Abcdefghijklmnopqrstuvwxy… de Richard Purdy 2e partie

Sur l’œuvre

L’œuvre, en deux parties qui se faisaient face dans la version originale, se compose de bandes d’aluminium obliques et jointes. Celles-ci recouvraient intégralement la hauteur des murs de l’entrée principale du Collège en 1994.

Mais au-delà de cette interprétation directe, l’œuvre entretenait d’autres relations avec son environnement. Tout d’abord, en bordant l’entrée principale du Collège, elle créait des liens géographiques tangibles avec l’architecture du quartier. En effet, Richard Purdy a choisi l’aluminium après avoir observé, dans les ruelles du quartier, l’omniprésence de métaux oxydés, notamment celui des hangars d’arrière-cour, qui ont progressivement quitté le paysage architectural dans les années 2000 en raison des normes de sécurité contre les incendies.

De plus, les lettres et les chiffres dépassent l’abécédaire et l’arithmétique. Puisque l’artiste ne les a pas alignés, ils ne peuvent être lus comme des mots ou des unités de calcul, d’autant plus que les reliefs de la tôle gênent une telle lecture. Détachés de tout sens, ils apparaissent davantage comme des symboles graphiques à redécouvrir, dans une institution d’enseignement dont l’histoire est associée à l’École des arts graphiques. Les lettres et les chiffres redeviennent des signes à partir desquels la connaissance humaine se forme et la création devient possible.

Le titre même du relief mural participe à cet avenir possible, pas forcément prévisible. Il manque en effet une lettre à Abcdefghijklmnopqrstuvwxy… L’artiste laisse la fin ouverte, il y voit la métaphore de la vie étudiante, où le jeune adulte construit quelque chose qui peut arriver ou pas.

Les deux parties de l’œuvre ont été décrochées successivement en 2012 puis en 2015, lors des réaménagements du bâtiment C. Comme elle ne pouvait retrouver un lieu d’accueil similaire à celui qui l’avait hébergée pendant presque 20 ans, Abcdefghijklmnopqrstuvwxy… a été déplacée et réactualisée en 2018-2019 avec l’approbation de Richard Purdy. Depuis le printemps 2019, elle est réexposée dans une nouvelle configuration, dans la cour intérieure du Collège Ahuntsic. Les 2 panneaux, vissés dans une structure en aluminium blanc qui les encadre, sont placés côte à côte sur le mur qui longe le pavillon B. Exposé en plein air, l’aluminium, source d’inspiration de l’œuvre, a été traité pour résister aux intempéries.

Dans cette nouvelle version, l’oxydation est davantage mise en valeur grâce au contraste avec le cadre blanc et, plus encore, par son exposition extérieure. Les irrégularités des surfaces texturées et pliées accrochent la lumière et attirent l’attention. Aussi, le découpage irrégulier des panneaux peut sembler curieux au 1er coup d’œil, mais ce nouvel accrochage reprend simplement celui du hall. Dorénavant, le spectateur fait face à la pente qu’il avait à gravir en entrant dans l’édifice, il voit l’inclinaison architecturale de l’installation originale.