Court métrage-Contes d’une grossophobie ordinaire

Grossophobie
Le 23 septembre 2020 par: Direction des affaires étudiantes

Les touchantes illustrations de ce film sont le fruit du travail de notre collègue Emanuelle Dufour, conseillère pédagogique en équité, diversité et inclusion.

Contes d’une grossophobie ordinaire, est un court métrage de 24 minutes produit par l’Office national du film (ONF) où la cinéaste canadienne d'origine haïtienne, Josiane Blanc, donne la parole à des adolescentes brisées par les violences subies à cause de leur poids. Les adolescentes y racontent le mépris subi depuis l’enfance qui les a amenées à développer une aversion de leur corps et même, de leur propre personne. Elles confient s’empêcher depuis lors de participer aux activités sportives, culturelles ou sociales de leur école et ailleurs, de peur d’être la cible de commentaires qui aggraveront leurs souffrances. Certaines évoquent avoir eu des épisodes de détresse d’une telle intensité qu’elles auraient développé des pensées suicidaires. Ce film raconte aussi la résilience et la force de continuer à vivre dans une société qui les regarde, les scrute et qui les juge : « J’ai vraiment fait ce film pour susciter des discussions, qui vont idéalement emmener un changement. Tout ce qu’on veut, c’est que les gens aient plus d’empathie », fait valoir Josiane Blanc.

Ce sont les illustrations d’Emanuelle Dufour qui servent à représenter les adolescentes qui sont suivies par la psychologue Elizabeth Dettmer à l’hôpital SickKids de Toronto. « Je ne voulais pas les mettre à l’écran, parce que j’avais peur d’empirer leur situation », explique Josiane Blanc. La trame visuelle vise donc à évoquer leurs intériorités, dans un concept métaphorique alliant le doodling et la tache de Rorschach, un outil jadis utilité en psychodiagnostic. Les voix des jeunes filles ont également été remplacées par celles de jeunes comédiennes afin d’empêcher toute identification.

Si les enjeux associés au racisme et au sexisme sont de plus en plus abordés dans l’espace public, celui de la grossophobie décomplexée l’est beaucoup moins. Pourtant, elle est très répandue dans nos milieux et souvent tolérée, souvent sous le couvert de l’humour ou de remarques que l’on voudrait inoffensives, mais qui le sont en réalité que très rarement. Le déboulonnement de cette forme de discrimination nécessite donc la mobilisation de la communauté. Le département d’éducation de l’ONF travaille d’ailleurs sur la création d’un feuillet pédagogique pouvant guider l’inclusion de cet outil dans les salles de classe. Rappelons en terminant que la discrimination grossophobe au Canada ne connaît pas de frontière d’âge, de classe ni de genre.