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Projet pilote de cours en extérieur au Collège Ahuntsic: pour une pédagogie en plein air bénéfique aux étudiant.e.s.

Cours de sociologie en plein air
Le 11 septembre 2020 par: Direction des communications

Il n’y a pas à dire, la Covid-19 nous force à repenser nos méthodes de travail. Sous le couvert de la résilience se cache assurément beaucoup d’incertitude et d’anxiété. Toutefois, cette adaptation forcée permet également l’exploration d’avenues nouvelles. 

En effet, pourquoi ne pas utiliser cette conjoncture en notre faveur en transformant l’anormal et son instabilité en opportunité innovante et en singularité stimulante ? C’est précisément ce que vise le Collège Ahuntsic avec le début d’un projet pilote de pédagogie en plein air au cœur du Boisé-de-Saint-Sulpice, site écologique important situé à quelques pas du Collège.

Qu’est-ce que la pédagogie en plein air ?

La pédagogie en plein est tout simplement le fait de tenir des cours à l’extérieur (Ayotte-Beaudet et al., 2020). L’environnement extérieur est extrêmement riche puisqu’il représente à la fois un objet d’apprentissage, un milieu d’apprentissage et un terrain d’apprentissage (résolution et prévention de problèmes concrets) (Sauvé, 1997). En pleine crise sanitaire, la classe extérieure a également l’avantage d’assurer la tenue d’un cours en présentiel de façon sécuritaire. L’ensemble de ces facteurs viennent conférer de nombreux avantages au projet pilote du Collège Ahuntsic en ce qui a trait à l’expérience étudiante, à la réussite éducative et à ses objectifs d’éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté.

Cours de sociologie en plein air 11 septembre 2020

L'enseignant Benoit Gaulin et son groupe dans le Boisé-de-Saint-Sulpice le 11 septembre 2020


Avantages de la pédagogie en plein air

La pédagogie en plein air comporte de nombreux avantages pour les étudiant.e.s. Elle permet de varier les contextes d’apprentissage, de privilégier une expérience active (communication, interactions, etc.) et de mettre de l’avant des savoirs concrets directement à l’endroit où certains phénomènes sont observables (Ayotte-Beaudet et al., 2020). De plus, les cours à l’extérieur permettent aux étudiant.e.s de vivre une expérience pédagogique originale et novatrice bénéfique à leur motivation, leur créativité et leur réussite, particulièrement lorsque la majorité des cours sont donnés de façon virtuelle. Les opportunités d’élaboration d’activités interactives y sont multipliées, dans une conjoncture où les étudiant.e.s et les enseignant.e.s expriment clairement un besoin d’échange, de rencontre et de stimulation intellectuelle diversifiée (L’actualité, 8 juillet 2020 ; Le Devoir, 2 septembre 2020 ; Le Devoir, 8 avril 2020 ;). Il est également reconnu que la pédagogie en plein air augmente la concentration et diminue le stress, ce qui s’avère primordial en ces temps d’incertitude (Ayotte-Beaudet et al., 2020). En somme, la tenue de cours en extérieur a des incidences cognitives, physiques, mentales et académiques positives importantes (Ibid, 2020). Le Collège Ahuntsic est fier de mettre de l’avant ces techniques pédagogiques pour le bienfait de ses étudiant.e.s.

Une éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté intrinsèque

Dans son plan d’action en environnement et développement durable 2019-2024, le Collège Ahuntsic identifie clairement l’éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté comme étant un objectif important de son mandat éducatif. La pédagogie en plein air s’insère directement dans cette logique grâce à la valorisation plus ou moins consciente de l’environnement qui s’opère en sous-tendant au cours la relation que nous avons avec notre milieu de vie et avec le vivant qui le constitue (Sauvé et Asselin, 2018). Une telle façon de faire met de l’avant l’importance d’un équilibre écosystémique où l’Humain trouve une place, certes, mais avec humilité et respect pour son environnement biophysique, socio-économique et culturel (Ibid, 2018).

La pédagogie en plein air permet également d’avoir un contact primordial avec la nature. Les jeunes, notamment, sont identifiés comme ayant un déficit nature considérable dans un contexte où plus de 80% de la population du Québec habite en milieu urbain et a très peu de contact avec les milieux naturels (MEES, 2017). L’utilisation d’espaces verts et de milieux naturels en ville est identifiée en ce sens comme étant une stratégie d’éducation importante dans une optique d’accès à la nature, de découverte et de valorisation des écosystèmes et de l’environnement en général (Ibid, 2017). Encore une fois, le Collège Ahuntsic est fier d’intégrer de tels apprentissages au sein de son offre éducative.

Cours de sociologie extérieur 11 septembre 2020

L'enseignant Benoit Gaulin et son groupe dans le Boisé-de-Saint-Sulpice le 11 septembre 2020


Au programme

Durant la session d’automne 2020, cinq séances de cours auront lieu dans le Boisé-de-Saint-Sulpice. Le comité d’arts visuels tiendra également quelques activités artistiques originales au cœur de ce milieu écologique primordial pour la préservation de la flore et de la faune indigène de Montréal (Conseil du Patrimoine de Montréal, 2003).

D’abord, deux groupes de biologie (101-NYA-05) analyseront les perturbations de cet écosystème urbain particulier tout en identifiant différents services écosystémiques rendus par le boisé. Les biologistes en herbe réaliseront également une classification sommaire des plantes indigènes et envahissantes que l’on retrouve dans ce magnifique parc protégé. Cette activité permettra aux étudiants de comprendre les concepts théoriques vus dans le cours en observant les principaux facteurs qui limitent la croissance de populations naturelles. Ce cours éminemment concret assurera donc la compréhension des interactions entre les populations naturelles d’une communauté et comment l’activité humaine peut perturber la structure d’un écosystème naturel et en compromettre la richesse et le maintien.

Ensuite, un enseignant de sociologie utilisera le boisé afin d’initier ses étudiant.e.s à la perspective sociologique et à la pensée critique. Une discussion en sous-groupe en pleine nature sera idéale afin de susciter la réflexion des étudiant.e.s. sur la fonction des médias dans la société contemporaine.

Puis, le comité d’arts visuels du Collège utilisera des plantes cueillies à même le boisé afin de produire ses propres encres naturelles. Les étudiant.e.s réaliseront ensuite des représentations artistiques du boisé. Il s’agit d’une activité enrichissante qui permet de valoriser la beauté du milieu naturel utilisé tout en sensibilisant les participant.e.s à l’utilisation de plantes dans la fabrication de divers produits utilisés au quotidien.

Finalement, dans le cadre de leur cours Anthropologie des peuples autochtones, un groupe de finissant.e.s en sciences humaines aura le privilège d’échanger avec la grande cinéaste abénakise Alanis Obomsawin dans le contexte d’un atelier de discussion portant sur une œuvre-phare de madame Obomsawin, Kanehsatake : 270 ans de résistance. Le Collège est particulièrement honoré d’accueillir madame Obomsawin en cette année de commémoration des 30 ans de la Résistance de Kanehsatake (« Crise d’Oka »). Ce même groupe aura une deuxième séance en plein air qui s’inscrira dans la Semaine interculturelle et autochtones. Quoi de mieux que de telles expériences immersives pour discuter de la relation primordiale entre l’Humain et son environnement, de relations historiques coloniales, de terres non cédées et bien entendu, de réparation de liens brisés?

Grâce à ce projet, le Collège innove avec des techniques pédagogiques originales, mais également en mettant de l’avant des contenus stimulants et variés. Même en contexte de pandémie, l’institution démontre sa capacité à s’adapter, à imaginer et à proposer des alternatives enrichissantes pour ses étudiant.e.s.

Il est également important de souligner la réussite collective qui sous-tend la réalisation de ce projet. Afin de permettre de tels cours, la Direction des études, la Direction des affaires étudiantes et la Direction des ressources matérielles ont uni leurs forces. Un merci bien particulier doit être adressé à mesdames Julie Gauthier, enseignante en anthropologie, et Hélène Jacomy, enseignante en biologie ainsi qu’à mosieur Benoît Gaulin, enseignant en sociologie, pour leur intérêt envers ce projet.

Un bilan de la phase pilote permettra d’analyser la possibilité de déployer le projet de façon plus importante. C’est donc une aventure à suivre avec intérêt!

Pour plus de détail concernant le projet pilote et pour la suite des choses, contactez François Delwaide, technicien en environnement et développement durable.