Jean-François Lauda

Tableau Jean-François Lauda

Fiche technique de la peinture 

LAUDA, Jean-François (né en 1981). Œuvre non titrée, 2018, acrylique sur toile, 193 x 152 cm, Collège Ahuntsic, Montréal (Québec), Canada. 

Fiches techniques des 3 aquarelles 

LAUDA, Jean-François (né en 1981). Œuvres non titrées, 2017, aquarelle sur papier, 18 x 12,7 cm, Collège Ahuntsic, Montréal (Québec), Canada. 

3 aquarelles de Jean-François Lauda


Biographie 

Issu d’une famille d’artistes, le peintre montréalais autodidacte Jean-François Lauda participe à des expositions individuelles et collectives au Canada et aux États-Unis depuis 2008. On retrouve notamment ses tableaux dans les collections institutionnelles du Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts de Québec, de Loto-Québec, d’Hydro-Québec, de la Banque nationale du Canada et de la Banque Toronto-Dominion. Jean-François Lauda est le petit-fils de l’artiste multidisciplinaire Jiri Georges Lauda (1925-2014), coauteur de la murale Le poète dans l’univers, inaugurée en 1968, dans la station de métro Crémazie, à proximité du Collège Ahuntsic. 


Sur l’œuvre 

Le Comité d’acquisition d’œuvres d’art du Collège Ahuntsic a choisi ce tableau à l’hiver 2019. Accompagnée de 8 autres peintures de même dimension, l’œuvre faisait partie de l’exposition John Heward - Jean-François Lauda – The Silver Cord, organisée par Caroline Andrieux du 13 septembre au 9 décembre 2018, à la Fonderie Darling, un ancien espace industriel du Vieux-Montréal transformé en centre d’arts visuels. Les œuvres de Lauda, réalisées dans son atelier pour cet événement, montrent le résultat du travail du peintre avec les pigments. Sur la surface, les traînées, les éclaboussures et les dégoulinures révèlent les mouvements effectués par l’artiste avec ses outils. 

Avant de passer sur toile, l’artiste pratique ses gestes sur de plus petits formats, à l’aquarelle sur papier. Réalisées souvent hors de son atelier et ressemblant à des exercices automatiques, ces aquarelles participent au processus créatif de Lauda tout en demeurant des œuvres à part entière, où les variations colorées des actions picturales s’accumulent. Exposées individuellement ou en groupe, comme celles présentées dans Joueurs à la Fondation Guido Molinari en 2018, elles peuvent aussi être liées à un tableau comme le montre l’accrochage au Collège Ahuntsic.  

Sur grand format, l’artiste poursuit ses manipulations de peinture, mais les pinceaux, brosses et règles sont remplacés par des balais, barres de métal, bâches de plastique, aérosol et seaux. La toile, tendue sur châssis, est posée au sol afin de contrôler les accidents colorés qu’il y produit. La peinture est étendue, poussée, frottée, raclée et brossée sur la surface, laissant les empreintes des outils utilisés et les gestes de fabrication. 

En travaillant sur plusieurs œuvres en même temps, Lauda procède par expérimentations. Les gestes et les couleurs s’additionnent sur les toiles retournées, dégrafées, retendues et repeintes jusqu’à ce que les formes et les teintes créent l’effet souhaité. Toutes ne sont pas gardées et plusieurs sont détruites par le peintre, parfois insatisfait des associations produites. Les œuvres conservées, à l’aquarelle ou à l’acrylique, proviennent de la même réflexion et dialoguent les unes avec les autres. 

3 aquarelles Jean-François Lauda et texte explicatif mur

La toile et les aquarelles acquises par le Collège Ahuntsic témoignent de ce processus créatif et gestuel. Les superpositions des couches de couleurs, avec des effets de transparence ou d’opacification, attestent de la démarche évolutive de Lauda par retouches, rajouts et reprises. Les tons se juxtaposent, se chevauchent et s’intègrent. Sur la surface, les plans se mêlent et se confondent créant par endroits des figures floues ou une illusion de profondeur. Les formes singulières, fluctuantes ou géométriques, ne se dévoilent pas toutes au premier coup d’œil. Aucun titre attribué par l’artiste ne guide le spectateur dans cette exploration. Laissé à sa propre perception, le regard du spectateur se promène sur la toile, glissant d’une forme à l’autre, pénétrant les textures de la peinture et ses représentations.