Portées par l’Espace Nidetin, lieu de création pédagogique et disciplinaire en approches décoloniales au Collège, ces journées s’inscrivent dans une série de rencontres qui se poursuivront à la session d'automne 2026, afin d’engager en continu notre communauté dans l’exploration des approches décoloniales. Nidetin, qui signifie Je t’écoute en Anishnabemowin, reflète la posture ayant guidé l’ensemble de la programmation : entrer en relation avec authenticité, humilité et ouverture.
Jour 1 – Décoloniser par le récit
La première journée était consacrée au pouvoir du récit comme levier de décolonisation. Les personnes participantes ont pris part à une expérience immersive en réalité virtuelle au cours de laquelle elles ont visionné les six épisodes de la série William. Cette série plonge les participantes et participants dans la réalité des pensionnats pour Autochtones, en leur faisant vivre cette histoire dans la peau de William, un petit garçon. Cette immersion complète a permis d’aborder cette page sombre de l’histoire de manière sensible et incarnée. L’outil est disponible pour le personnel, et notamment pour les personnes enseignantes qui souhaiteraient l’utiliser en classe. Contactez espace.autochtonisation@collegeahuntsic.qc.ca pour avoir accès à la procédure de réservation et aux documents d’accompagnement.
La journée s’est poursuivie avec le partage d’Alfred Newashish Birothé, offert sous la forme d’un récit expérientiel. Ce moment d’écoute a rassemblé une grande diversité de membres de la communauté collégiale : personnes enseignantes, personnel professionnel, administratif et cadres, ainsi que des personnes étudiantes du programme Soins préhospitaliers d’urgence. La présence de ces futures travailleuses et futurs travailleurs de première ligne, appelés à intervenir auprès de personnes issues de différentes nations autochtones, a donné une portée particulière à cet échange. À travers son témoignage, Alfred Birothé a invité à réfléchir aux parcours de vie, à la résilience et aux chemins de guérison, tout en soulignant l’importance d’une approche humaine, respectueuse et culturellement consciente dans les pratiques professionnelles.
Jour 2 – Décoloniser par le territoire
La deuxième journée a permis d’explorer le territoire comme espace relationnel et porteur de savoirs. L’atelier Nikickotatowin Notcimik, animé par Gilbert Niquay, facilitateur à la vie étudiante des Premiers Peuples au Collège Ahuntsic, et Samuel Rainville, directeur aux relations et à l’engagement auprès des Premiers Peuples à l’Université du Québec à Trois‑Rivières, a invité les personnes participantes à repenser leur rapport au territoire, à travers la vision du monde des Premiers Peuples, les effets de la colonisation et les enjeux contemporains de justice territoriale.
La journée s’est poursuivie avec une introduction à une approche autochtonisée de l’enseignement de la philosophie, proposée par Frédéric Châtillon, enseignant de philosophie au Collège. Par le biais d’extraits de cours et de pratiques telles que le cercle de parole et le récit mythique, cette activité a ouvert un dialogue entre les traditions philosophiques occidentales et les savoirs autochtones, favorisant l’émergence d’une pensée située, relationnelle et ancrée dans le territoire.
Jour 3 – Décoloniser par la guérison
La troisième journée était consacrée à la guérison, envisagée comme un processus relationnel, culturel et communautaire. Les personnes présentes ont pris part à un atelier de perlage, permettant de découvrir un savoir-faire traditionnel fondé sur la transmission, la patience et le sens. Un kiosque de vente de boucles d’oreilles mettait également en valeur le travail artisanal de la jeune Emma Petiquay, de la communauté d’Opitciwan.
La journée s’est conclue par un cercle de partage animé par les sœurs Madeleine et Joanne Petiquay, ex‑pensionnaires et survivantes du pensionnat Saint‑Marc‑de‑Figuery d’Amos. Aidantes en milieu naturel depuis plusieurs décennies et fondatrices du site Wapistan, elles ont partagé leur parcours de vie et leur engagement envers la guérison des peuples autochtones. Dans un climat empreint de respect et de fortes émotions, des personnes ayant pris part au projet immersif Rencontres autochtones du Collège Ahuntsic, existant depuis 17 ans, sont également revenues sur l’impact transformateur de cette expérience. Ce moment profondément touchant s’est achevé par une magnifique prestation de danse de la robe à clochettes offerte par Emma Petiquay, concluant ces journées sur une note rassembleuse et inspirante.


