Aller au contenu

L’inauguration des nouvelles plates-bandes, un moment phare le CACE

DAE_ENVIRO_20-08-2026
Le 2 septembre 2026 par: Direction des affaires étudiantes

Le Comité d’action et de concertation en environnement (CACE) a convié, le 20 août dernier, les membres de la communauté à l’inauguration des nouvelles plates-bandes situées devant le bloc A.

Ces plates-bandes représentent le fruit d’un travail collectif entre le CACE, le comité étudiant Vertige, l’équipe d’autochtonisation, ainsi que les départements de philosophie, de biologie et d’agriculture urbaine. Les travaux ont été rendus possibles grâce à la participation financière de la WWF-Canada et l’Association des Cadres du Collège Ahuntsic.

Lors de l’inauguration, Frédéric Châtillon, enseignant de philosophie et membre du Comité Jardin philosophique, a lu un pamphlet philosophique en faveur de la création d’un jardin évolutif sis devant le bloc A. Ensuite, les membres du CACE ont présenté les plantes qui fleurissent le jardin ainsi que leurs propriétés médicinales. Finalement, une tisane a été servie en dégustation alors que Gilbert Niquay, facilitateur à la vie étudiante autochtone, prononçait le mot de la fin. Ce dernier a rappelé l’importance de lier l’autochtonisation et l’écologisation du territoire. Il a émis le souhait de poursuivre des aménagements au courant de l’année à venir pour que le résultat final inclue des plantes utilisées traditionnellement par les membres des nations autochtones.

Le CACE souhaite remercier l’ensemble des personnes présentes et celles qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de cet événement.

Voici le texte Un grand jardin, lu par Frédéric Châtillon. Il s’agit d’un pamphlet philosophique en faveur de la création d’un jardin évolutif qui s’inscrit dans les mesures de verdissement du Collège. 

 

Un grand jardin

 

Comprendre la nature pour vivre simplement

Chez les Anciens, déjà, la nature nous rappelle deux choses : ce cosmos qui nous dépasse et le divin (le logos) qui l’organise à la perfection. Pour le philosophe grec Épicure, le jardin, qui fut également son école, est plus qu’un jardin. Il nous rappelle que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la satisfaction des besoins simples et naturels. Le jardin devient un lieu où l’on apprend : à ralentir, à goûter et à habiter le monde avec mesure.

Quand on s’engage dans le monde naturel, on apprend à dissiper nos peurs et à concevoir le monde avec plus d’acuité. Le jardin devient alors un lieu où le savoir apaise et où la contemplation nourrit la tranquillité de l’esprit. On se forme pour faire face à la vie : « Rien ne nous arrive que la nature ne nous ait préparés à surmonter. »

Cultiver son jardin pour se former soi-même

Pour les modernes, cultiver son jardin symbolise un travail sur soi. Voltaire a écrit :  « Il faut cultiver son jardin. », c’est-à-dire qu’il faut choisir d’agir concrètement sur le monde à notre portée. Face aux grands désordres, le jardin devient un lieu d’engagement lucide, où l’on transforme le réel à échelle humaine. Pour Immanuel Kant, qui valorise le travail philosophique intérieur afin de mieux s’engager dans la vie, le jardin devient un lieu d’apprentissage actif, où l’on développe son autonomie, son jugement et son sens des responsabilités. Ainsi, cultiver la terre, c’est aussi cultiver sa liberté. C’est un grand geste, à la mesure du meilleur et du plus beau chez l’être humain.

La valeur du vivant et la relation au vivant

Chez les contemporains, la valeur du vivant et la relation au vivant sont revenues comme une évidence, voire comme une urgence. Pour le philosophe norvégien Arne Næss, la nature nous invite à reconnaître que le vivant possède une valeur en lui-même, indépendamment de son utilité pour nous. Le jardin devient un espace d’apprentissage éthique, où l’on réapprend à respecter ce qui vit. Pour le philosophe français Baptiste Morizot, l’environnement naturel n’est pas un objet à contrôler, mais un lieu de rencontre avec d’autres formes de vie. Le jardin nous apprend à cohabiter, à observer et à entrer en relation avec le vivant. Pour André Compte-Sponvillel, le jardin peut même aller jusqu’à nous rappeler notre appartenance à une réalité qui nous dépasse, la terre, le ciel, le cosmos. Sortir de soi pour éprouver notre appartenance au tout. On ouvre ainsi l’expérience de la nature à une dimension spirituelle, et on rejoint les anciens. La boucle se ferme.

Ici, le jardin doit aussi devenir un lieu de dialogue entre les savoirs philosophiques et les savoirs traditionnels autochtones, qui nous apprennent à habiter le territoire avec respect, attention et réciprocité. Faire tomber les frontières en nature et culture, entre soi et le monde naturel. Laissons le jardin nous l’enseigner.

Souhaitons que ce jardin voie le jour, travaillons ensemble pour qu’il advienne !

Texte coécrit par les membres du Comité Jardin philosophique